Vie universitaire

De l'audace mur à mur

Quatre projets étudiants pour remettre en valeur les vestiges patrimoniaux du Manège militaire de Québec

Par : Yvon Larose
Un carrefour des festivals, un centre de sports extrêmes, un espace pour les arts du cirque et un musée d’art contemporain. Le moins qu’on puisse dire est que les quatre projets, réalisés l’automne dernier dans le cadre du cours Projets de conservation et restauration par neuf étudiantes et étudiants à la maîtrise en architecture, représentent autant de propositions originales dans le dossier de la reconstruction du Manège militaire de Québec. Ce bâtiment historique, propriété du ministère de la Défense nationale, est situé à côté des plaines d’Abraham et à proximité du parlement. En avril 2008, un violent incendie l’avait ravagé, ne laissant debout, pour l’essentiel, que les murs de pierre. Depuis ce temps, seuls deux projets proposant une reconstruction à l'identique ont retenu l’attention des autorités.
«L’incendie constitue une occasion de penser à du nouveau pour un emplacement qu’on ne retrouve nulle part ailleurs en ville», soutient l’architecte et professeur à l’École d’architecture Jacques Plante. Le mardi 15 décembre, ce dernier a participé, à l’École, à la présentation des projets devant les représentants des médias. «Les journalistes étaient étonnés, raconte-t-il. Ils n’imaginaient pas le potentiel derrière les vestiges.» Selon lui, chacune des propositions se veut une contribution à la nouvelle image de dynamisme que le maire entend donner à la capitale.

Les étudiants se sont inspirés de projets architecturaux contemporains ayant intégré de façon novatrice des ruines ou des vestiges. «Il y a possibilité d’aller au-delà de la simple reconstruction», affirme Jacques Plante. Selon lui, les Européens sont «très forts» dans la réutilisation des vestiges. «Ils ont le souci, dit-il, de faire parler l’ancien avec le nouveau, pas juste de poser l’un sur l’autre.»

Des projets décoiffants
Jacques Plante qualifie les propositions de ses étudiants d’«innovantes» et d’«assez décoiffantes». D’un projet à l’autre, l’ancien et le nouveau agissent et interagissent, ensemble et en complémentarité. Chacun des projets présente le Manège comme un trait d’union entre la ville et la nature, celle-ci représentée par le vaste parc des Plaines. «Il était important pour les étudiants, explique-t-il, que le Manège ne soit plus infranchissable pour la population, qu’il permette la libre circulation entre la ville et le parc.»

Marjorie Bradley-Vidal, Marie-Claude Martineau et Geneviève Sévigny ont imaginé un carrefour des festivals pour des organismes comme le Festival d’été, le Carnaval et autres. Dans ce projet, l’élément central est une salle multifonctionnelle avec gradins amovibles. À l’extérieur, un voile métallique est tendu sur la façade du bâtiment pour la projection d’images. «La proposition des étudiantes vise à faire un lieu d’animation du Manège mais aussi de la place George-V, devant le Manège, avec de petites scènes», souligne le professeur Plante.

Dans leur projet de centre des sports extrêmes, Alexandre Morin et Christian Vachon font une place de choix à l’escalade et au skateboard. Un axe cyclable relie la Grande Allée aux Plaines. Trois ouvertures dans la façade permettent aux piétons de se rendre au parc. «Les étudiants ont imaginé que la place George-V serait un espace de démonstration où les jeunes se mettraient en scène, indique Jacques Plante. La nouvelle toiture, qui agence l’ancien et le nouveau, est une grande réussite. Le projet rappelle la vocation sportive des Plaines dans le passé.»

Sébastien Laverdière et Christelle Montreuil Jean-Pois ont conçu un espace consacré aux arts du cirque. Ce projet comprend un amphithéâtre, une palestre et des ateliers de décors et de costumes. «Le visiteur se promène comme dans un lieu de spectacles et voit les artistes s’entraîner et se préparer pour les représentations», explique le professeur Plante.

Pour leur part, Pierre-Alexandre Davignon et Alexandre Guérin proposent de transformer le Manège en musée d’art contemporain. Leur projet se caractérise par un immense puits de lumière présent à tous les étages, un escalier monumental et des salles d’exposition de grandes dimensions. «Les étudiants ont pris en charge la totalité du site, indique Jacques Plante. Ils proposent un grand parcours qui permet de toucher à tous les aspects d’une construction très contemporaine.»

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