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DE QUEL CÔTÉ SE TROUVE L'OUVERTURE?

Dans le journal Au fil des événements du 30 octobre dernier, le professeur Gaston Marcotte publiait une lettre ouverte au cardinal Ouellet dans laquelle il exprimait son désaccord avec le cardinal à propos de la solution à la crise de valeurs et de recherche de sens que traverse actuellement le Québec. Bien que je ne sois pas d'accord avec monsieur Marcotte quant à sa vision de la religion comme une «dictature cléricale», j'ai trouvé intéressant cependant que deux personnes avec des points de vue aussi divergents que lui et Mgr Ouellet s'accordent sur le fait que cette crise est «un problème profond et urgent [...] qui se répercute sur tous les secteurs de l'activité humaine tels que la culture, la santé, l'économie et l'environnement» (lettre de monsieur Marcotte). Ce qui est encore plus intéressant, c'est que la solution proposée par monsieur Marcotte se trouve dans la même ligne que celle proposée par Benoît XVI (avec lequel on peut présumer que le cardinal Ouellet serait d'accord). Monsieur Marcotte soutient que «seule une éthique fondée sur la nature humaine, donc universelle et rationnelle, pourra unir tous les Québécois dans un projet commun qui les encouragera à transcender leurs différences». Dans un discours prononcé le 5 octobre aux membres de la Commission théologique internationale, Benoît XVI a souligné le fait que «le contenu éthique de la foi chrétienne ne constitue pas une imposition dictée de l'extérieur à la conscience de l'homme, mais qu'il s'agit d'une norme qui a son fondement dans la nature humaine elle-même». D'autre part, étant donné que la loi naturelle est accessible en soi à toute créature rationnelle, le pape a signalé que celle-ci fournit la base pour «entrer en dialogue avec tous les hommes de bonne volonté et, de manière plus générale, avec la société civile et séculière». Si le catholicisme est ouvert à la raison, pourquoi le rationalisme devrait-il être fermé à la foi? Au moins devrions-nous pouvoir nous parler, ce qui est impossible si l'un des partis refuse de reconnaître le droit de parole de l'autre, comme monsieur Marcotte semblait le faire dans sa lettre de la semaine dernière.
 
 
PATRICK DUFFLEY
Professeur titulaire à la
Faculté des lettres

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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