Vie universitaire

Copyright humain

La faculté de penser est la signature de l’homme et ce qui l’a mené sur la voie de la civilisation

Par : Renée Larochelle
«Toute la dignité de l’être humain est dans la pensée. C’est la pensée qui nous définit. Si nous sommes libres, c’est que nous sommes des êtres pensants.» Quand Thomas De Koninck s’exprime sur la pensée, on tend l’oreille et on écoute. Il n’est donc pas surprenant que les responsables de l’exposition Copyright humain, qui se déroule jusqu’au 6 septembre au Musée de la civilisation, aient fait appel à lui dès le début du projet, entre autres experts, à l’été 2006. Sur quoi devrait-on mettre l’accent dans une exposition portant sur la pensée? Grande question à laquelle le professeur à la Faculté de philosophie a répondu au meilleur de ses vastes connaissances lors de quelques rencontres auxquelles se sont joints deux étudiants à la maîtrise de la Faculté de philosophie, Antoine Cantin-Brault et Anne-Marie Gagnon. André Parent, professeur au Département de psychiatrie et de neurosciences de la Faculté de médecine, a également agi à titre de conseiller pour cette exposition.

«Nous savons tous que c’est la pensée qui distingue l’être humain de l’animal, explique Thomas De Koninck. Le langage vient de la pensée. Contrairement à l’homme, l’animal ne pense pas, il ne crée rien, ne dit rien. Il n’a pas de langage. Chez l’homme, la pensée critique est capitale et se traduit dans le jugement et dans le discernement, en somme, dans cette capacité de réflexion, du retour sur soi.» Quant à savoir si la machine dépassera un jour les capacités humaines, Thomas De Koninck n’y croit pas. «La machine permet peut-être de faire des opérations mathématiques plus rapidement, dit-il, mais tout cela est inventé par l’esprit humain. En effet, la machine ne pense pas.» 

Du pire comme du meilleur
Des origines de la pensée à l’intelligence artificielle, Copyright humain invite le public à suivre la plus irréductible faculté de l’humanité, la pensée, qui a ouvert la voie de la civilisation. Tout au long d’un parcours évolutif, on suit les traces laissées par les pensées de chercheurs, d’artistes, de scientifiques, mais aussi de simples individus qui, par leur persévérance et leur créativité, ont fait évoluer le monde. Selon Antoine Cantin-Brault, la pensée suppose d’abord la liberté, le choix et la moralité. Mais elle peut être également un cadeau empoisonné, l’être humain étant capable du pire comme du meilleur. «On a souvent tendance à mélanger pensée et intelligence, dit Antoine Cantin-Brault. On peut être intelligent, mais être en même temps incapable d’avoir une vision globale des choses.» Pour Anne-Marie Gagnon, la pensée va de concert avec l’imagination. «Si la pensée privée d’imagination ne va pas bien, souligne-t-elle, une imagination débridée, qui va dans tous les sens, ne sert pas la pensée.» 

Pour sa part, André Parent, auteur de Histoire du cerveau. De l’Antiquité aux neurosciences, paru récemment aux PUL, insiste sur le fait que la pensée est le résultat d’une activité cérébrale très complexe. «On ne sait encore rien du cerveau quand on considère tout ce qui reste à découvrir sur cet organe aux milliards de neurones et qui a tant fait progresser l’humanité, dit le neurobiologiste. La question est de savoir si, un jour, le cerveau de l’homme pourra se comprendre lui-même.»

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