Vie universitaire

Chaire Claire-Bonenfant, 30 ans de complicité

Réunies le 31 janvier, une soixantaine de chercheuses et d'étudiantes ont célébré les trois décennies d'existence de ce regroupement

Par : Pascale Guéricolas
Complicité. C'est le mot qui vient spontanément à l'esprit en voyant le plaisir que les chercheuses associées de longue date à la Chaire Claire-Bonenfant Femmes, Savoirs et Sociétés ont eu à se retrouver au Carré des affaires FSA ULAVAL-Banque Nationale et à échanger sur ce regroupement francophone unique. Créée en 1988 dans le cadre du Programme de promotion de la femme du Secrétariat d'État du Canada, cette chaire a permis de bâtir le premier réseau québécois de chercheuses féministes. À l'époque, tout était à faire, a rappelé la première titulaire, Maria De Koninck. Selon cette spécialiste de la santé des femmes, les études manquaient à la fin des années 1970, alors qu'elle travaillait avec d'autres à l'élaboration de la politique féminine au Québec.

Sous l'impulsion d'un groupe d'employées, d'étudiantes et de professeures, l'Université Laval a alors soutenu la création de ce regroupement. «La Chaire a aidé notre université à grandir, a souligné la rectrice Sophie D'Amours. Notre équipe en place a appris de vous et intégré vos connaissances.» Titulaire pendant trois mandats, Hélène Lee-Gosselin, professeure au Département de management, a souligné de son côté la volonté des chercheuses de contribuer à changer le monde et de permettre d'améliorer la situation des plus vulnérables.

Au fil des études, les chercheuses, venues de différents horizons universitaires, ont croisé leur expertise, ce qui les a amenées à produire des recherches très exhaustives sur plusieurs sujets. En septembre 1996, le premier colloque international de recherche féministe dans la francophonie voyait ainsi le jour à l'Université Laval, sous l'impulsion de la titulaire de l'époque, Huguette Dagenais. «C'était la première fois qu'une telle rencontre se déroulait en français et plusieurs autres rencontres ont suivi à Paris, à Dakar, au Maroc», a rappelé la professeure retraitée du Département d'anthropologie.

Par la suite, la Chaire Claire-Bonenfant s'est penchée sur des thèmes comme les femmes et le travail ou les conséquences des fusions des villes sur la représentation féminine au sein des conseils municipaux. Des échanges avec des administrateurs et des groupes de femmes ont eu lieu aussi au sein d'instances de discussions. Les relations avec les militantes ou les organisations occupent en effet une place importante au sein de la Chaire. Ce regroupement porte d'ailleurs le nom d'une intellectuelle engagée au sein de la Fédération des femmes du Québec dans les années 1970, puis titulaire par intérim de la Chaire en 1993, trois ans avant son décès.

Loin de pratiquer la recherche en vase clos, les professeures qui s'engagent dans ce regroupement tentent de croiser le plus possible leurs expertises, comme le remarque Sophie Brière. La professeure au Département de management termine une étude sur la progression des femmes dans les métiers et professions non traditionnels, ce qui l'a amenée à solliciter plusieurs collègues d'autres facultés. «J'ai constitué une équipe vraiment multidisciplinaire, souligne la chercheuse, ce qui m'a donné accès à des contacts dans le monde juridique ou de la santé auxquels je n'aurais pas eu accès toute seule.»

La diversité du réseau constitue d'ailleurs une des lignes directrices de l'actuelle titulaire de la Chaire, Guylaine Demers. La professeure au Département d'éducation sportive prépare ainsi l'accueil de la conférence nationale Femmes et sport, en 2020, à l'Université Laval. «Mes recherches sur les femmes en position de leadership dans le monde du sport me mettent surtout en relation avec les organisations sportives, note la titulaire. Avec la Chaire, je peux aussi travailler sur la façon dont l'activité sportive favorise l'autonomie des femmes ou leur estime d'elle même.» Dans ce cadre-là, elle espère que l'Université Laval accueillera bientôt la partie francophone de l'Observatoire sur le sport, qui permettrait de rassembler les études sur ce sujet.

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W3-chaire-claire-bonenfant-30eme-groupe-5-credit-Jean-RodierLa rectrice a chaleureusement souligné l'avant-gardisme de la Chaire Claire-Bonenfant, orientée vers les enjeux de la place des femmes dans la société.
Photo : Maria De Koninck, Louise Langevin et Hélène Lee-Gosselin, trois des anciennes titulaires de la Chaire Claire-Bonenfant, entourent la titulaire actuelle, Guylaine Demers, et la vice-rectrice à la recherche, à la création et à l'innovation, Eugénie Brouillet.
Photo : Jean Rodier

 

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