Vie universitaire

Au Temple de la renommée médicale canadienne

Michel G. Bergeron récompensé pour ses réalisations comme bâtisseur et comme chercheur

Par : Jean Hamann
Michel G. Bergeron sera honoré pour sa contribution au développement de la recherche en infectiologie au Canada et pour ses travaux portant sur le diagnostic rapide des microbes causant des maladies infectieuses.
Michel G. Bergeron sera honoré pour sa contribution au développement de la recherche en infectiologie au Canada et pour ses travaux portant sur le diagnostic rapide des microbes causant des maladies infectieuses.
Marguerite d'Youville, fondatrice des Soeurs Grises, qui veillaient sur les malades démunis au 18e siècle, Félix D'Hérelle, découvreur des bactériophages, Frederick Banting et Charles Best, codécouvreurs de l'insuline, Norman Bethune, chirurgien avant-gardiste dont l'engagement humanitaire a transcendé les frontières, voilà quelques-unes des figures historiques honorées au Temple de la renommée médicale canadienne. En mai prochain, le nom de Michel G. Bergeron s'ajoutera à cette liste de 124 personnes. «C'est très émouvant, très gratifiant et, comme on dit en anglais, humbling de me retrouver parmi ces gens qui ont marqué l'histoire de la médecine au Canada. Il y en a plusieurs que j'admire, entre autres Norman Bethune, qui était un innovateur, un précurseur de la médecine sociale, un homme d'action et un visionnaire engagé. Il a toujours été mon héros», raconte le professeur de la Faculté de médecine, également chercheur au CHU de Québec-Université Laval.

Créé en 1994, le Temple de la renommée médicale canadienne rend hommage aux Canadiens qui ont contribué à une plus grande compréhension des maladies et à la promotion universelle de la santé. C'est à titre de bâtisseur et de chercheur que le professeur Bergeron fait son entrée dans ce groupe prestigieux. «Lorsque j'ai commencé ma carrière à l'Université Laval en 1974, le CHUL n'avait pas de service clinique en maladies infectieuses et il n'y avait pas de recherche dans ce domaine. J'ai fondé le Centre de recherche en infectiologie (CRI) et j'en ai assuré la direction pendant quatre décennies. Avec une équipe de 250 personnes, le CRI est aujourd'hui l'un des plus importants centres de recherche en infectiologie en Amérique du Nord.»

À titre de chercheur, les travaux qu'il mène depuis 1985 poursuivent deux objectifs. Le premier: diagnostiquer en moins d'une heure les microbes responsables d'une infection afin de prescrire rapidement un antibiotique efficace. Pour y arriver, le professeur Bergeron s'est associé à des chercheurs de diverses disciplines, une constante dans sa carrière. «J'ai joué le rôle de chef d'orchestre pour que ces spécialistes de diverses provenances parlent un même langage et collaborent plutôt que de travailler en silo.» Les tests qu'ils ont conçus – et qui ciblent des microbes qui font des dizaines de milliers de victimes chaque année dans le monde – sont maintenant vendus dans une cinquantaine de pays par Becton Dickinson. À Québec, cette entreprise emploie plus de 300 personnes à son Centre de fabrication de tests de diagnostic moléculaires, générant des retombées économiques considérables pour la région. Le second objectif du chercheur: concevoir des outils permettant d'effectuer un diagnostic rapide à l'endroit même où le patient est traité. Ici encore, les collaborations multidisciplinaires ont porté leurs fruits. Le professeur Bergeron et ses collaborateurs sont parvenus à créer un microlaboratoire automatisé convivial et efficace, de la taille d'une cafetière, qui permet de réaliser ces tests en moins d'une heure. «Ce produit est maintenant fabriqué par GenePOC Diagnostics, une entreprise que j'ai fondée. Les premières ventes auront lieu le mois prochain en Europe.»

En juin, après 42 ans à la tête du CRI, le professeur Bergeron a passé le flambeau à Gary Kobinger. «J'ai eu un pincement au coeur, admet-il, mais c'était ma volonté et nous avons trouvé un homme d'équipe et un chercheur exceptionnel pour prendre la relève.» Le professeur Bergeron n'accroche pas ses patins de chercheur pour autant. «J'ai des subventions pour mener mes travaux, j'ai des étudiants dans mon équipe et j'ai encore le désir de poursuivre mes rêves: développer d'autres tests de diagnostic rapides.»

Michel G. Bergeron est le troisième professeur de la Faculté de médecine intronisé au Temple de la renommée médicale canadienne. Les deux premiers, Jean Dussault et Claude Fortier, l'ont été à titre posthume. Parmi les six lauréats 2017, mentionnons Michel Chrétien, docteur honoris causa en médecine de l'Université Laval en 2016. La cérémonie d'intronisation, qui se déroulera le 4 mai prochain au Centre des congrès, est organisée en collaboration avec la Faculté de médecine de l'Université Laval.




Le Prix Manning 2016 à Michel G. Bergeron



Michel G. Bergeron vient de remporter le Prix principal 2016 de la Fondation des prix Ernest C. Manning. Doté d'une bourse de 100 000$, ce prix est la plus prestigieuse récompense décernée par cet organisme. Le professeur Bergeron reçoit cet honneur pour l'invention et la commercialisation d'un diagnostic moléculaire qui permet d'identifier en moins d'une heure les microorganismes responsables d'une infection grâce à leur ADN. Le Prix principal lui sera remis aujourd'hui, à Halifax, à l'occasion du 35e gala annuel de la Fondation Manning.

Inspirés des prix Nobel, les Prix d'innovation Ernest C. Manning récompensent les innovateurs canadiens talentueux qui améliorent la vie des gens, autant au Canada qu'à l'échelle mondiale, en commercialisant leurs découvertes. Les lauréats sont sélectionnés par un comité pancanadien indépendant dont les membres sont des chefs de file reconnus dans diverses disciplines.


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