Vie universitaire

Améliorer l'aide au développement un pays à la fois

Le microprogramme en économie de développement, offert en ligne, permet de former les étudiants directement dans leur pays d'origine, sans se soucier du manque de financement ou des difficultés liées à l'obtention de visas

Par : Pascale Guéricolas
Luca Tiberti, professeur au Département d'économique, participe à une séance de formation de chercheurs du Partnership for Economic Policy, associé au microprogramme en économie de développement.
Luca Tiberti, professeur au Département d'économique, participe à une séance de formation de chercheurs du Partnership for Economic Policy, associé au microprogramme en économie de développement.
Macédoine, Kenya, Mongolie, Égypte, Togo, Burundi, Sri Lanka, voilà un petit échantillon des pays de résidence des 171 étudiants qui ont suivi cet hiver un des trois cours en économie de développement. Ce microprogramme en ligne a été offert de janvier à avril 2018 par la Direction générale de la formation continue de l'Université Laval et le Département d'économique, en partenariat avec Partnership for Economic Policy (PEP), un organisme qui soutient les chercheurs dans les pays en développement. «Dans le passé, nous avons souvent dû annuler ce type de cours proposés par le Département d'économique sur le campus. Pourtant, cette offre de formation suscite un grand intérêt parmi les étudiants à l'étranger, raconte Luca Tiberti, responsable de la formation et du volet recherche au PEP. Cependant, il n'est pas rare qu'à la dernière minute les candidats n'obtiennent pas le visa d'entrée au Canada ou le financement nécessaire à leur déplacement. »

Selon ce professeur en économie, les performances techniques de la plateforme de l'Université Laval utilisée pour les cours en ligne rendent cette formation très attrayante. Les étudiants ont, en effet, accès à de très nombreuses évaluations de leurs travaux, ce qui réduit le taux de décrochage et contribue au taux de réussite élevé du microprogramme. Ils disposent aussi d'un forum de discussion interactif qui facilite les échanges d'expérience entre les participants. De plus, les enseignants proposent à leurs élèves des outils statistiques à la fine pointe de la recherche en matière de mesure de la pauvreté et des luttes contre les inégalités.

«Dans le cours que j'ai donné sur ce sujet, j'ai beaucoup utilisé une enquête sur les ménages menée en Ouganda, précise Luca Tiberti. Ces données montrent aux participants qu'il suffit parfois d'une politique sociale très ciblée pour sortir un certain nombre de personnes de la pauvreté.» C'est justement ce genre de connaissances que recherche Jean-Claude Nsabimana. Cet enseignant et chercheur à l'Université du Burundi cherche à en apprendre toujours davantage sur la manière de mieux adapter les politiques publiques de son pays aux réalités de la pauvreté.

«Encore aujourd'hui, nous manquons d'outils de pointe pour disposer de programmes publics vraiment efficaces, explique ce statisticien de formation. J'ai beaucoup appris en suivant ce cours en ligne et je compte bien partager ces informations dans mon réseau de décideurs. Ce réseau comprend des fonctionnaires impliqués dans un projet de lutte contre la pauvreté financé par la Banque mondiale ainsi que des responsables du ministère des Finances.» Très impliqué dans les recherches sur la pauvreté, le Burundais va d'ailleurs poursuivre sa formation au doctorat à l'Université de Sherbrooke l'automne prochain, grâce notamment aux trois crédits universitaires du cours qu'il a suivi en ligne. Il s'agira d'un retour au Québec pour ce chercheur associé pendant deux ans aux travaux de Jean-Yves Duclos, alors que l'actuel ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social enseignait au Département d'économique de l'Université Laval.

Les informations du microprogramme sur les outils d'évaluation des programmes publics ont également beaucoup intéressé Margaret Chtiga. Cette directrice de l'École de management public et d'administration à l'Université de Pretoria en Afrique du Sud espère bien développer des projets de recherche avec de nouveaux partenaires grâce à ses connaissances toutes fraîches. Ce genre de témoignage réjouit Luca Tiberti, alors qu'il travaille déjà sur l'offre de cours en ligne pour la session d'hiver 2019. L'enseignant, qui est aussi l'un des directeurs de recherche du PEP, croit beaucoup à la mise en place d'un réseau de chercheurs de qualité dans les pays en développement afin d'améliorer les politiques publiques. À ses yeux, les mesures imposées par le passé par les bailleurs de fonds internationaux ont montré leurs limites.

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