Vie universitaire

Abondance, gaspillage et pénurie

Selon le professeur François Anctil, le temps est venu pour les Québécois de mieux gérer leur ressource en eau

Par : Yvon Larose
«Le message que je voulais passer est qu’il n’est pas si simple de convaincre les gens de gaspiller moins l’eau quand il y en a tant tout autour.»

Le mardi 17 août, dans l’arrondissement de Beauport à Québec, le professeur François Anctil, du Département de génie civil et de génie des eaux, a participé à une conférence-débat sur le thème «L’eau: du gaspillage à la pénurie». Cette activité s’est tenue dans le cadre d’une école d’été en éducation à l’environnement et au développement durable mise sur pied par l’Institut EDS de l’Université Laval, la Faculté des sciences de l’éducation et la Fondation Monique-Fitz-Back.

Selon François Anctil, il s’avère difficile, dans une optique d’économie de l’eau, de convaincre le citoyen québécois de fermer le robinet lorsqu’il se brosse les dents, ou de prendre une douche au lieu d’un bain. Si la prise de conscience collective se fait si lentement, c’est parce qu’une population restreinte a accès à un très grand volume d’eau. Cela dit, même au Québec, la surconsommation d’eau devient souvent problématique dans les zones les plus densément peuplées, surtout lorsque la ressource locale est moins abondante pour une raison ou une autre. «À Québec, explique le professeur Anctil, le lac Saint-Charles, qui n’est pas si gros, approvisionne une bonne partie de la ville. Or, la situation est devenue inquiétante cet été en raison de précipitations moins importantes depuis au moins le début de l’hiver. Le niveau d’eau du lac a donc baissé de façon significative.»

Une idée toute faite consiste à dire que, si jamais le lac Saint-Charles ne suffisait plus à la demande, la ville de Québec n’aurait qu’à s’approvisionner à une autre source, par exemple la rivière Jacques-Cartier qui coule pas très loin. «Dans cette logique, pourquoi économiser l’eau potable?, demande François Anctil. Or, puiser l’eau autre part ne devrait pas être la seule solution explorée. Il serait relativement facile de tirer un meilleur usage de l’eau déjà rendue disponible aux citoyens.»

À qui se fier sur les changements climatiques?

Philippe Le Prestre, professeur au Département de science politique et directeur de l’Institut EDS, a pris part à une seconde conférence-débat le mercredi 18 août au Musée de la civilisation de Québec. Le thème de la rencontre, qui a attiré plus de 80 personnes, était «À qui se fier sur les changements climatiques?». Selon lui, les experts débordent souvent de leur champ d’expertise pour se prononcer sur des domaines qui leurs sont moins familiers. «Le climatologue ayant recensé une évolution de la température en déduira des impacts négatifs pour le monde vivant ou la société et sera tenté de présenter des solutions spécifiques comme si d’autres variables, politiques, anthropologiques, sociales ou psychologiques, ne jouaient pas», explique-t-il.

Qui dit changements climatiques dit grandes incertitudes, décisions aux conséquences majeures parce qu’elles impliquent une transformation des économies et des modes de vie, et discussions empreintes de défiance. Selon Philippe Le Prestre, il existe rarement une réponse simple et absolue aux questions relatives aux changements climatiques. «Il faut se fier à soi-même et se documenter directement plutôt que succomber aux arguments d’autorité, aux slogans, aux raccourcis et aux idées reçues en ce domaine, poursuit-il. Il faut aussi être critique face à l’expert car toutes les opinions ne sont pas équivalentes.»

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