Société

Vers une nouvelle gouvernance planétaire?

La mondialisation des marchés contribuerait de façon positive à l’édification d’un monde meilleur

Par : Yvon Larose
Le monde d’aujourd’hui évolue vers plus de démocratie, de paix, de progrès et de richesse économique. Voilà l’essentiel du message, plutôt optimiste, qu’ont livré trois conférenciers, le mercredi 2 avril, à l’Agora du pavillon Alphonse-Desjardins, dans le cadre d’un débat organisé par la Chaire publique de l’AELIÉS, sur le thème: «Gouvernance mondiale : où s’en va le monde?»

Selon Marc-André Boivin, directeur adjoint au Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, nous vivrions dans un monde plus sécuritaire. «En dépit des clichés usuels qui circulent sur la violence croissante qui déchire la planète, les chiffres pointent dans une autre direction, a-t-il affirmé. L’étude majeure publiée en 2005 par le Human Security Report Project révèle que les crises internationales ont chuté de 70 % entre 1981 et 2001, et que les conflits armés ont connu une diminution de 40 % entre 1992 et 2003.»

Pour Louis Côté, professeur et directeur de l’Observatoire d’administration publique à l’École nationale d’administration publique, la mondialisation des marchés constitue, globalement, un facteur de paix. La mondialisation, ce sont les économies nationales qui s’intègrent à l’économie mondiale grâce à trois incitatifs: les politiques de libéralisation du commerce, les échanges commerciaux et financiers, et les nouvelles technologies. Comme l’a souligné le conférencier, les États nationaux ne sont pas en voie de disparition pour autant. «L’État-nation, a-t-il expliqué, va demeurer essentiel pour permettre aux citoyens de se préserver des abus des marchés mondialisés, de maintenir leur identité culturelle et de réaliser des choix de société qu’ils souhaitent se donner.» Selon ce dernier, la mondialisation entraîne la diffusion des valeurs et des institutions politiques et économiques de la démocratie moderne, ce qui n’est pas sans causer de profonds bouleversements. «La mondialisation, a dit Louis Côté, s’appuie sur trois valeurs: l’égalité entre les personnes, la conquête de nouvelles formes d’autonomie et l’essor d’un nouveau mode d’indépendance, l’indépendance individuelle.»

Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, a souligné que l’ouverture des marchés avait relégué le protectionnisme économique aux oubliettes, de même que le concept d’économie planifiée. «Il y a 25 ans, a-t-il indiqué, la majorité de l’humanité vivait dans des pays communistes. Aujourd’hui, c’est devenu la marginalité.» Et le Québec? Selon le conférencier, il tire bien son épingle du jeu avec un taux de chômage parmi les plus bas de son histoire. L’ancien Premier ministre a vanté les mérites du modèle européen. «Des nations coopèrent de façon respectueuse et étroite entre elles, a-t-il expliqué. Elles visent la libre circulation des biens, services, personnes et capitaux avec des objectifs de solidarité et de développement. Vingt-sept pays sont membres aujourd’hui de l’Union européenne. L’affrontement guerrier entre ces pays relève maintenant de l’absurde.» Selon Bernard Landry, ce modèle a été imité à des degrés divers et en différentes régions du globe, notamment avec l’Aléna en Amérique du Nord, le Mercosur en Amérique du Sud et l’Asean en Asie du Sud-Est.

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