Société

Un appel à la responsabilité

Deux professeurs de Laval ont participé à la rédaction du Manifeste pour un Québec durable

Par : Yvon Larose
«Je sais combien il est impératif d’agir pour modifier rapidement nos modes de consommation et nos comportements face à la qualité de l’environnement et au renouvellement de ses ressources et c’est pourquoi je joins ma voix au débat.» Paule Halley est professeure titulaire à la Faculté de droit et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de l’environnement. Elle est l’un des neuf coauteurs et cosignataires du Manifeste pour un Québec durable lancé le vendredi 13 avril. Les auteurs du texte sont issus des milieux de la recherche universitaire et des affaires. Leur document vise à susciter une réflexion de fond sur le modèle de développement qui a cours au Québec.

Luc Bouthillier, professeur titulaire en politique forestière au Département des sciences du bois et de la forêt, a également participé à la rédaction du Manifeste. Il voit le document comme «un appel à la responsabilité». «Redéfinir le futur selon les limites des écosystèmes, c’est s’acquitter de notre devoir de responsabilité envers nos enfants et les autres créatures vivantes avec lesquelles nous vivons en communauté», affirme-t-il. Selon lui, il est du devoir des intellectuels qui œuvrent dans le domaine de l’environnement d’expliquer l’urgence de la situation «et de fournir des pistes de solution pour agir proactivement avant que la dégradation de la situation impose des adaptations sur un mode de crise».

Des solutions
Les auteurs du Manifeste avancent une série de solutions capables, selon eux, de mettre le Québec sur la voie du développement durable. L’une d’elles consiste en une refonte de la fiscalité afin de mettre en application les principes d’utilisateur-payeur et de pollueur-payeur. Cela se traduirait, entre autres, par le prélèvement d’une redevance sur l’exploitation de l’ensemble des ressources naturelles. «Le développement de la fiscalité «verte» offre des possibilités importantes en matière de revenus et un moyen intéressant d’inciter à des changements de comportement chez les consommateurs et les producteurs», soutient Paule Halley.

Le développement d’indicateurs et d’outils de calcul du capital écologique, la production et la diffusion de plus d’information pour la prise de décision des citoyens, des entreprises et des décideurs, la création d’un super-ministère à vocation environnementale doté d’un budget de 2,5 milliards, l’augmentation du nombre, de la superficie et de la qualité des aires protégées ainsi que l’obligation de la triple reddition de compte (économique, sociale et environnementale) pour toutes les entreprises de plus de 50 employés sont au nombre des solutions avancées. «Toutes les solutions proposées, et bien d’autres sans doute, sont importantes, souligne Paule Halley. Elles se complètent entre elles et modernisent de manière écologique nos politiques publiques.»

Selon Luc Bouthillier, le défi consiste à intégrer l’environnement à nos vies. «En dépit de toute une rhétorique sur le développement durable, dit-il, l’environnement est très peu intégré dans notre quotidien. Tant individuellement que collectivement, il doit faire partie du processus gouvernant nos décisions.» On peut consulter le Manifeste pour un Québec durable à l’adresse suivante: http://quebecdurable.blogspot.com/.

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