Société

Tout le monde en ligne

L’Institut Technologies de l’information et Sociétés (ITIS) dresse un bilan plutôt positif en matière d’utilisation des technologies de l’information au Québec en 2006

Par : Renée Larochelle
Le directeur de l’Institut Technologies de l’information et Sociétés (ITIS) de l’Université Laval et professeur au Département des relations industrielles, Michel Audet, a déposé le 13 décembre son premier bilan portant sur l’utilisation des nouvelles technologies au Québec. Provenant de différentes disciplines, une quarantaine de chercheurs et de professionnels experts en TI de l’Université ont contribué à cette revue de l’année, ayant pour titre BiTIs. Dans le cadre de cette recherche, cinq domaines des technologies de l’information (TI) ont été analysés: l’éducation, les affaires, la culture, le gouvernement et la santé. À l’ordre du jour figuraient entre autres les questions suivantes: quelles sont les réalisations en TI dont le Québec peut être fier en 2006? À l’inverse, quels sont les points les plus négatifs?

Parmi les «bons coups» en éducation notés par l’équipe de recherche se pointe la transformation de l’univers de la connaissance et du savoir, grâce à des projets-pilotes innovateurs en réseau déployés à la grandeur du Québec, comme L’école éloignée en réseau et plus récemment Cégeps en réseau. Plus près de nous, l’Université Laval est devenue en septembre 2006 la première université au Québec à offrir un programme de baccalauréat en informatique à distance. Dans le monde des affaires, la montée et la reconnaissance du logiciel libre sont venues briser le quasi-monopole exercé par Microsoft. «À Québec seulement, a révélé Michel Audet, une jeune entreprise comme Techno-Centre Logiciels Libres, qui n’existait même pas en 2005, compte maintenant 70 employés et a ouvert récemment des bureaux à Montréal et à Ottawa.» Autre phénomène marquant en 2006: le développement de la vidéo grâce à la disponibilité de la bande passante et dont YouTube.com constitue le parfait exemple.
Monde virtuel et simulation

Par ailleurs, l’industrie du jeu et du divertissement interactif est en pleine expansion au Québec, avec des entreprises comme Ubisoft, Sarbakan et Frima Studio, pour ne citer que ces exemples. Cette industrie est fortement stimulée par le croisement des arts de la scène, de la littérature, de la vision numérique, de la robotique et du multimédia. «Québec n’a rien à envier au reste du monde dans ce domaine», soutient Michel Audet. Du côté du gouvernement du Québec, on a compris l’importance de bâtir un «gouvernement en ligne», qui facilite l’échange et à la collaboration entre les différents ministères et services. Enfin, autre temps, autres mœurs, la formation en sciences de la santé s’ouvre de plus en plus au monde virtuel et à la simulation. À l’Université Laval, l’ouverture au printemps dernier d’une unité de soins critiques pour  l'enseignement en sciences infirmières permet aux étudiants de pratiquer de nombreuses interventions en soins critiques, grâce à une technologie de pointe. Le Centre Apprentiss - Section sciences infirmières recrée en effet l'environnement des unités de soins intensifs; les étudiants apprennent, en milieu contrôlé, les gestes à poser lors de situations d'urgence ou nécessitant un monitorage constant.

Des situations préoccupantes
Au chapitre des éléments négatifs en 2006, on retrouve, d’une part, une forte baisse dans les inscriptions de programmes de 1er cycle en informatique dans les universités québécoises, phénomène qui pourrait se traduire par un manque de relève dans le domaine au cours des prochaines années. À l’Université Laval, par exemple, le programme d’informatique comptait 600 étudiants en 2005-2006, comparativement à 1 000 étudiants en 2000. «Dans un contexte où le Québec éprouve un criant besoin de croissance de la productivité par un usage intensif des TI, la situation est  très préoccupante, affirmer Michel Audet. La profession d’informaticien aurait besoin d’une opération séduction pour attirer plus d’étudiants.» D’autre part, de plus en plus d’activités en matière d’innovation, de recherche et de développement sont transférées en Inde, en raison des coûts de main-d’œuvre peu élevés et de l’expertise poussée de ses scientifiques. «Les gens d’affaires doivent être conscients de cette menace», estime Michel Audet.

Fondée en 2005, l’ITIS a pour mission d’accélérer la production de nouvelles connaissances et l’émergence de projets structurants en TI. Par le biais de ses activités, elle souhaite créer des occasions d’affaires et favoriser le progrès des TI, non seulement sur le campus mais aussi avec des partenaires externes. 

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!