Société

Tous pour une réinsertion sociale réussie

L’Université met en place une chaire visant à aider les personnes contrevenantes à mieux réintégrer la société après une condamnation

Comprendre les obstacles actuels à la réinsertion sociale pour aider les personnes à mieux réintégrer la société à la suite d’une condamnation pénale et à diminuer les risques de récidive. Voilà l’objectif de la Chaire en réinsertion sociale des personnes contrevenantes du Québec, dont la création a été annoncée le lundi 4 novembre sur le campus par les différents partenaires: l’Université Laval, le ministère de la Sécurité publique et le ministère de la Justice.

Mise sur pied grâce à un soutien financier d’un million de dollars, la création de la nouvelle Chaire émane de l’intérêt des deux ministères de prendre en compte les situations des personnes plus vulnérables dans le système de justice et de faire évoluer les connaissances et les pratiques en matière de réinsertion sociale, pour une société plus juste et inclusive.

Le partenariat entre les ministères et l’établissement d’enseignement supérieur favorisera la réalisation de travaux de recherche d’avant-garde portant notamment sur les parcours de vie et les trajectoires de diverses populations – dont certaines, comme les populations autochtones, sont plus vulnérables dans le système de justice –, ainsi que sur les pratiques pénales et communautaires. À terme, les résultats des travaux de la Chaire permettront d’actualiser les connaissances en matière de réinsertion sociale, de proposer des pistes de réforme et d’améliorer les pratiques d’intervention.

La rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, a livré un message senti devant les invités au lancement de la Chaire. «Les ex-détenus ont droit aussi à ce climat respectueux, a-t-elle fait valoir. Ces personnes ont le droit de vivre une vie pleine et entière et d’apporter une contribution à la société, d’avoir un impact dans leurs communautés. Les ex-détenus devraient pouvoir être aidés et soutenus par l’ensemble de notre société. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas», s’est-elle désolée.

En rapprochant les établissements pénitentiaires et universitaires et en tissant des liens entre les différents acteurs de la chaîne judiciaire, correctionnelle et communautaire pour trouver des solutions durables à ce grand enjeu de société, la Chaire accomplira certainement sa mission.

«Tous les acteurs clés et les expertises en criminologie, travail social, droit, sociologie, sciences politiques et économie seront mis à contribution dans le cadre de la Chaire. Un bel exemple d’interdisciplinarité, qui apportera des solutions concrètes à cet enjeu important et améliorera réellement les conditions de vie de plusieurs personnes», a mis en lumière la rectrice.

Pour leur part, le député de Montmorency, Jean-François Simard – présent au nom de la vice-première ministre, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault – et le député de Chapleau, Mathieu Lévesque – présent au nom de la ministre de la Justice, Sonia Lebel – se sont dit fiers que le gouvernement du Québec investisse 825 000$ dans cette chaire de recherche. «Elle servira certainement à faire avancer nos connaissances sur la réinsertion sociale des personnes contrevenantes et aura un effet bénéfique sur notre savoir et nos pratiques d’intervention en criminalité et en délinquance», ont-ils souligné.

La Chaire sera dirigée par Elsa Euvrard, une jeune professeure à l’École de travail social et de criminologie depuis janvier 2019. Recrutée grâce à la création de cette Chaire, elle est issue d’une double formation en droit, de l’Université Toulouse 1 Capitole et de l’Université de Strasbourg, et en criminologie, de l’Université de Montréal. Elle travaille sur les politiques et les pratiques judiciaires et pénales.

Ses recherches sont fondées sur diverses méthodes de terrain (ethnographies, analyses documentaires, entrevues) et s’intéressent au milieu de la justice, à la détermination de la peine ainsi qu’à sa mise en œuvre dans les pratiques de réinsertion sociale. Elle est l’auteure de plusieurs articles scientifiques, dont l’un lui a valu le prix Étudiante-chercheuse Étoile du Fonds de recherche du Québec – Société et culture. Elle est chercheuse au Centre international de criminologie comparée et membre de l’équipe en émergence Violences, Justice et Changements de l’Université Laval.

L’équipe de recherche d’Elsa Euvrard analysera les éléments ou les facteurs permettant aux personnes contrevenantes de ne pas retourner dans le système pénal une fois leur peine purgée. «Le succès de leur réinsertion passe-t-il par l’emploi, par l’inclusion sociale, par le logement, le soutien familial? Nous réfléchirons à toutes les sphères de la société et nous nous poserons les bonnes questions pour trouver des mécanismes d’accompagnement afin qu’elles se sentent bien réinsérées socialement. La personne, l’humain sera au cœur de nos travaux», a indiqué la professeure de l’École de travail social et de criminologie.

Peu importe leur situation, les personnes contrevenantes ont toutes besoin d’accompagnement sur différents plans pour retrouver une vie normale après une condamnation pour une infraction pénale ou criminelle. «Quelle que soit notre vision des causes de la criminalité, il demeure primordial d’avoir un aperçu du portrait des personnes contrevenantes et de leurs besoins afin de mettre sur pied des programmes et services d’intervention pertinents», a expliqué la titulaire.

En terminant, le doyen de la Faculté des sciences sociales, François Gélineau, a expliqué pourquoi la création de la Chaire s’inscrivait parfaitement dans les travaux de la Faculté des sciences sociales. «Depuis plus de 80 ans, notre Faculté promeut les valeurs d’une société plus juste et inclusive. Nous sommes donc très fiers de voir se concrétiser cette chaire unique, qui viendra appuyer le lancement prochain du programme de maîtrise en criminologie et au développement du programme de doctorat dans la même discipline.»

Lors du lancement de la Chaire (de gauche à droite): François Gélineau, doyen de la Faculté des sciences sociales, Mathieu Lévesque, député de Chapleau présent au nom de la ministre de la Justice, Elsa Euvrard, professeure à l’École de travail social et de criminologie et titulaire de la Chaire, Sophie D'Amours, rectrice de l’Université Laval, et Jean-François Simard, député de Montmorency présent au nom de la vice-première ministre, ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.

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