Société

The Land of the Free?

Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont eu pour effet de créer un sentiment d’insécurité dans la population américaine et de restreindre les libertés individuelles dans ce pays

Par : Yvon Larose
Il y a sept ans, jour pour jour, dans la matinée du 11 septembre 2001, les Américains, ainsi que le reste du monde, apprenaient avec stupeur qu’un, puis deux avions de ligne américains partis de Boston avaient percuté les tours jumelles du World Trade Center à New York. En cette journée fatidique, des pirates de l’air originaires du Moyen-Orient, musulmans islamistes membres de la nébuleuse terroriste Al-Qaida, ont détourné trois avions sur New York et Washington, ainsi qu’un quatrième qui s’est écrasé dans un champ. Ce jour-là, les attaques venues du ciel ont fait quelques milliers de victimes.

Selon Anessa Kimball, professeure adjointe au Département de science politique spécialisée en politique américaine et dans les questions de sécurité, le renforcement subséquent des lois anti-terroristes n’a pas transformé les USA en État policier. «Mais, poursuit-elle, il y a maintenant moins de liberté aux États-Unis, notamment à cause du Patriot Act et de la Terrorist Watch List. Cela dit, les lois anti-terroristes ne sont pas plus sévères que celles qui ont été appliquées, par exemple, en Allemagne, dans les années 1970 et 1980, lorsqu’il y avait du terrorisme.»

Rappelons que le USA Patriot Act, adopté en 2002, accorde des pouvoirs extraordinaires aux agences américaines du renseignement et de la sécurité. Elles peuvent, sur un simple soupçon, saisir des documents confidentiels et mettre des lignes téléphoniques sous écoute. Quant à la Terrorist Watch List, elle atteignait le million de noms en juillet 2008. Cette liste de surveillance porte sur des personnes soupçonnées d’avoir des liens avec des groupes terroristes. Elle est utilisée lors des barrages de police et avant l’embarquement dans les avions pour les vols domestiques.

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Anessa Kimball: «Les États-Unis ont mis beaucoup d’efforts pour éviter une répétition du 11Septembre. C’est la stratégie de Bush de pourchasser les terroristes à l’étranger pour éviter qu’ils ne viennent sur le territoire américain.»


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«Le fait qu’aucun acte terroriste n’ait été perpétré aux États-Unis depuis le 11-Septembre ne signifie pas que les mesures anti-terroristes sont efficaces à 100 %, indique Anessa Kimball. Peut-être que ce pays a évité une tragédie parce qu’il n’y a pas eu de tentative d’attaque. Cette incertitude s’ajoute à l’insécurité de ne pas pouvoir identifier la nature de la menace éventuelle ni de savoir où et quand elle pourrait se manifester.» Selon elle, environ un Américain sur deux croit que le 11-Septembre n’était que le début et qu’il pourrait y avoir des tentatives d’attaques plus graves encore, par exemple de type bactériologique. «Les frontières ont été fortifiées, mais des milliers de personnes continuent à entrer illégalement, chaque année, aux États-Unis, explique la professeure. Il est certain que le territoire américain n’est pas parfaitement bien protégé. Les installations portuaires le sont probablement le moins.»

L’administration Bush combat le terrorisme sur le front intérieur, mais aussi à l’étranger comme l’a démontré l’invasion, par l’armée américaine, de l’Afghanistan, quelques semaines après le 11-Septembre. Selon Anessa Kimball, il y a eu depuis ce temps des progrès dans la lutte au terrorisme grâce à la coopération entre États. «La coopération internationale, affirme-t-elle, est d’autant plus nécessaire qu’on a réalisé, depuis 2001, que la menace terroriste est mieux organisée, financée et répandue que l’on croyait.»

Sept ans après le 11-Septembre, la lutte au terrorisme n’est plus la priorité des citoyens américains. «C’est d’abord l’économie», précise Anessa Kimball. L’actuelle course à la présidence reflète ce changement. Selon elle, une victoire du démocrate Obama couplée à des nominations de juges libéraux à la Cour suprême pourrait amener des assouplissements aux lois anti-terroristes en vigueur.

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