Société

Se droguer pour exceller

Des enjeux cruciaux sont disséqués par les experts de l'Université dans L'état du Québec 2012

Par : Yvon Larose
Dans L'état du Québec 2012, Claude Rouillard met en garde contre la consommation frivole de psychostimulants.
Dans L'état du Québec 2012, Claude Rouillard met en garde contre la consommation frivole de psychostimulants.
Des étudiants universitaires, au Québec comme au Canada, prendraient des médicaments pour améliorer leur rendement scolaire. Le sujet, de plus en plus d’actualité, a fait l’objet d’un article du professeur Claude Rouillard, du Département de psychiatrie et de neurosciences, dans L’état du Québec 2012. Selon lui, le phénomène est réel, même si les statistiques fiables sur son ampleur sont assez rares. «Le pourcentage d’étudiants qui consommeraient de tels médicaments est probablement très variable d’une université à l’autre et d’une discipline à l’autre», explique-t-il.

Les substances en question sont le méthylphénidate, mieux connu sous le nom de Ritalin, et ses dérivés, ainsi que d’autres produits proches de l’amphétamine. Ces psychostimulants servent à traiter le trouble de déficit de l’attention, chez l’enfant comme chez l’adulte. Des étudiants utiliseraient ces produits dans le but d’augmenter leur concentration, d’améliorer leur mémoire et de renforcer leur capacité à rester éveillés, et ce, principalement en période d’examens. Selon Claude Rouillard, il s’agit d’un phénomène social. «Nous vivons dans une société qui valorise la performance à tout prix, dit-il. Tous les moyens sont donc bons pour être parmi les meilleurs. On croit également à tort que toute pilule est censée être un remède miracle sans effet secondaire.»

Une lutte efficace contre ce phénomène commence par une information précise et de qualité. «Il faut savoir que des doses trop fortes peuvent causer plusieurs effets secondaires et affecter la concentration, soutient ce dernier. Des utilisateurs prétendent que ces psychostimulants améliorent de beaucoup leur performance scolaire. Pour moi, cette amélioration se situe approximativement entre 10 et 20 %. Avec une bonne alimentation, un sommeil de qualité et de l’exercice physique, on peut obtenir le même résultat.»

Sept textes
Lancé le 1er mai par les Éditions du Boréal, L’état du Québec 2012, un ouvrage de 516 pages, est produit par l’Institut du Nouveau Monde, en collaboration avec l’Association francophone pour le savoir – Acfas.

Cette 17e édition contient quelque 75 textes d’analyse sur les grands enjeux du Québec d’aujourd’hui. Du nombre, 7 sont signés ou cosignés par 6 professeurs, 1 chargé d’enseignement et 1 étudiant de l’Université Laval.

Frédérick Bastien, du Département d’information et de communication, se demande si l’idéologie et les médias ne forment pas un mariage douteux. Dans la même discipline, le chargé d’enseignement Daniel Giroux y va d’un texte sur les médias en quelques statistiques. L’étudiant à la maîtrise en communication publique Sébastien Charlton cosigne l’article.

Jean Crête, du Département de science politique, propose un texte intitulé «La Coalition Avenir Québec. Entre l’action et l’efficacité: l’autorité». Celui de son collègue Thierry Rodon a pour titre «Il y a 100 ans, le territoire de l’Ungava est intégré au Québec».

En géographie, Caroline Desbiens aborde la question du Plan Nord sous l’angle: avec ou contre les autochtones.

Dans son texte, Marie-Hélène Parizeau, professeure à la Faculté de philosophie, se penche sur quelques principes de base de la responsabilité en environnement.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!