Société

Réaction de la CREPUQ au budget fédéral

Le sous-financement des universités québécoises va continuer

Les chefs d’établissement universitaire du Québec ont réagi rapidement au budget présenté lundi par le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty. Ce budget prévoit, entre autres, le versement aux provinces d’une somme de 800 M $ par année, à compter de 2008-2009, au titre des transferts pour l’enseignement postsecondaire, ce qui devrait se traduire par un montant de l’ordre de 200 M $ pour le Québec. Cette somme serait par la suite indexée au rythme de 3 % par année. «La CREPUQ a déployé beaucoup d’efforts en appui au gouvernement du Québec dans les négociations qu’il a menées, depuis deux ans, avec le gouvernement fédéral, afin de trouver une solution à la question des transferts au titre de l’enseignement postsecondaire, a déclaré le président actuel de la CREPUQ, Michel Pigeon. Il ne nous appartient pas de porter un jugement sur l’adéquation de ce qui est prévu dans le budget fédéral en regard des exigences du Québec sur l’ensemble du dossier du déséquilibre fiscal. Cependant, force est de constater que la somme de quelque 200 M $, à compter de 2008-2009, au titre de l’enseignement postsecondaire apparaît à elle seule insuffisante pour régler de façon adéquate le problème du sous-financement de nos universités auquel il faut s’attaquer dès maintenant. D’ailleurs, celui-ci est tel qu’il est en voie de compromettre leur capacité d’offrir à la population québécoise, et aux jeunes en particulier, une formation de qualité, comparable à celle offerte par nos voisins et concurrents des autres provinces canadiennes.»

Une remise à niveau s’impose
«Il reste encore beaucoup à faire pour s’assurer que le Québec dispose d’une main-d’œuvre qualifiée suffisante et de citoyens bien formés. Promouvoir l’accessibilité à une formation de qualité alors que nos taux de scolarisation universitaire sont insuffisants, améliorer la diplomation grâce à un meilleur encadrement, fournir aux universités les ressources matérielles - bibliothèques, laboratoires, équipement informatique, etc. - compatibles avec les exigences et la technologie d’aujourd’hui, telle est la voie incontournable qu’il nous faut emprunter. C’est pourquoi il sera nécessaire et urgent de procéder, dès l’exercice 2007-2008, à un réinvestissement substantiel dans nos universités, en puisant dans les autres sources de revenu, notamment la péréquation, qui vise à donner aux provinces les moyens d’offrir des services publics comparables. Faute de quoi, leur situation financière déjà précaire continuera de se détériorer, et leur recul par rapport aux universités des autres provinces de s’accroître. Une remise à niveau de notre système universitaire s’impose d’autant plus qu’il est le principal atout dont le Québec dispose pour assurer son avenir sur tous les plans. Par ailleurs, le budget fédéral comporte des dispositions en matière de recherche, dont 85 M $ pour les conseils subventionnaires, 15 M $ pour les frais indirects de recherche, en 2007-2008, et 70 M $ en 2008-2009 pour la Fondation canadienne pour l’innovation, dans le cadre d’un engagement de 510 M $ visant à lui permettre de lancer un autre grand concours avant 2010. En regard des enjeux liés à l’intégration des jeunes chercheurs et à la préparation d’une relève, de même qu’à la nécessité de disposer d’infrastructures de recherche à la hauteur des exigences posées par la concurrence mondiale, on peut dire de ces engagements en matière de recherche qu’ils sont plutôt modestes.»

«Au moment où nos voisins et concurrents comprennent que leur position dans le monde globalisé dans lequel nous évoluons passe par un investissement massif dans leur capital humain, le Québec n’a d’autre choix que de leur emboîter le pas et de faire de l’enseignement et de la recherche universitaires sa première priorité. C’est aussi de cette façon qu’il pourra former de meilleurs citoyens et générer la richesse nécessaire pour leur offrir les services auxquels ils aspirent», a conclu Michel Pigeon.

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