Société

Mon enfant devant l'écran

Sans être des directeurs de conscience, les parents doivent être des conseillers en images pour leurs enfants, estiment Marguerite Lavallée et Estelle Lebel

Par : Renée Larochelle
On le dit, on le clame: qu’ils soient devant la télévision ou devant l’ordinateur, les enfants sont bombardés d’images. Les parents, eux, ont compris qu’il ne servait à rien de débrancher la télé ou de cacher la souris ou les jeux vidéo dans un lieu inaccessible pour régler le problème. Il semble bien qu’il faudra composer avec l’omniprésence de l’image, mais pas à n’importe quel prix. Pour aider les parents d’enfants de 8 à 12 ans dans cette démarche, la Régie du cinéma du Québec (RCQ) vient de lancer un guide intitulé Mon enfant devant l’écran dans lequel sont encouragés la surveillance des parents et l’esprit critique des enfants. Disponible en français et en anglais sur le site Internet de la RCQ (www.rcq.gouv.qc.ca), le document a été rédigé par deux professeures de l’Université Laval, Marguerite Lavallée de l’École de psychologie et Estelle Lebel du Département d’information et de communication. Pour écrire ce guide, les chercheuses ont utilisé les conclusions d’une étude réalisée en 2003 auprès de 180 enfants à qui elles avaient demandé de parler de leurs perceptions et de leurs habitudes télévisuelles. C’est donc dire que l’ouvrage possède une base scientifique très solide.

Tolérable ou nuisible?
«Les enfants de 8 à 12 ans sont souvent capables de décoder en partie certains messages véhiculés dans les images qu’ils voient, mais ils n’ont pas toujours la maturité pour en comprendre le contenu, explique Marguerite Lavallée. Est-ce qu’on doit les laisser regarder n’importe quoi, n’importe quand? Évidemment, non. Le rôle du parent consiste à accompagner son enfant en mettant des mots sur les émotions suscitées par les images qui l’ont affecté et en créant une ambiance propice à la discussion, par exemple.» Selon Estelle Lebel, on doit apprendre aux enfants à être incrédules devant des images, en somme à leur faire comprendre que ce qu’ils voient correspond à un certain point de vue, mais que cette image n’est pas toute la réalité.

Pour aider les parents à déterminer ce qui est inacceptable ou non pour leur enfant, les auteures leur suggèrent notamment de se prononcer sur une série de sept images pouvant être assez choquantes de prime abord. L’image d’une ado en train de s’injecter une dose d’héroïne dans une veine est-elle tolérable ou nuisible? Ou cette autre montrant deux hommes enlacés dans un lit qui s’embrassent à pleine bouche? «L’idée ne consiste pas à faire un discours moralisateur, mais à aider les parents à trouver leur propre seuil de tolérance», tient à préciser Marguerite Lavallée. Les parents sont également invités à découvrir à quel type de spectateur appartient leur enfant selon les habiletés que les images lui ont permis de développer. Est-il sportif, bricoleur, fureteur, passionné des animaux et des sciences, ou encore pro de l’actualité?

«Sans devenir son directeur de conscience, soyez le conseiller en images de votre enfant, recommandent aux parents Marguerite Lavallée et Estelle Lebel. Réservez des moments précis et réguliers durant la semaine pour aller au cinéma, regarder un DVD à la maison, naviguer ensemble sur Internet, lire des bandes dessinées et des livres, feuilleter des magazines, etc. L’enfant doit découvrir par lui-même le sens qu’il donne aux expériences qu’il vit. À travers ce monde d’images, vous êtes là pour l’aider à exprimer correctement ce sens et à l’envisager dans sa globalité.»

 

            

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