Société

Mission accomplie?

En participant à la guerre en Afghanistan, le Canada vise à maintenir ses bonnes relations avec les États-Unis et à accroître sa visibilité internationale

Par : Renée Larochelle
Le mythe du Canada «pays pacifique» favorisant les missions de maintien de la paix dans le monde est fortement ébranlé par sa participation à la guerre en Afghanistan, estime Jonathan Paquin, professeur au Département de science politique et professeur associé à l’Institut québécois des hautes études internationales. «À l’heure actuelle, seulement 179 soldats canadiens participent à des missions classiques de maintien de la paix à l’étranger alors qu’il y en a plus de 3 000 en Afghanistan au sein d’une mission dangereuse de stabilisation du pays, dit le politologue, l’un des conférenciers à une table ronde qui a eu lieu le 30 mars sur le thème «L’Afghanistan: un défi pour l’OTAN». L’événement était organisé par le Programme Paix et sécurité internationales, un centre de recherche universitaire regroupant des experts s’intéressant à plusieurs dimensions de la sécurité internationale, du maintien de la paix et des interventions militaires.  

S’il pense qu’il est encore trop tôt pour dire que la guerre contre le terrorisme à l’étranger sera la pierre d’assise de la politique étrangère du Canada au 21e siècle, Jonathan Paquin croit toutefois que la guerre que le Canada mène en Afghanistan depuis huit ans marque un certain tournant. «C’est la première fois que le Canada participe à une opération de combat depuis la guerre de Corée qui a eu lieu de 1950 à 1953, explique-t-il. Depuis 2001, le Canada a perdu 116 soldats en Afghanistan. Il s’agit du nombre le plus élevé de décès au combat depuis la guerre de Corée où 350 de nos soldats avaient trouvé la mort.»

Processus et finalité
Selon Jonathan Paquin, il est plus important pour le Canada d’être avec ses alliés sur le terrain en Afghanistan que de vaincre les talibans. En d’autres termes, le processus ou le moyen, soit l’intervention en Afghanistan, est plus important pour le Canada que la finalité, c’est-à-dire vaincre les insurgés. «Le processus en lui-même permet au Canada de maintenir de bonnes relations avec les États-Unis et d’accroître son influence et sa visibilité sur la scène internationale, soutient-il. De toute façon, le Canada n’a pas les moyens de vaincre les insurgés talibans.»  Que dire des effets positifs de la présence des troupes canadiennes dans cette région du globe? «Le Canada apporte une aide humanitaire importante, grâce à la reconstruction d’infrastructures et des programmes de développement, constate Jonathan Paquin. Mais il y a aussi des effets négatifs si on considère que des soldats canadiens ont été tués, sans compter plusieurs blessés. De plus, le conflit aura coûté plus de 11 milliards de dollars en 2011.»

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