Société

Ma maison, mon quartier, mon autonomie

L’expérience résidentielle des aînés qui habitent en banlieue demeure positive malgré le vieillissement, notamment sous l’angle de la mobilité

Par : Yvon Larose
Comment les aspirations résidentielles et la mobilité des banlieusards vieillissants et âgés, en lien avec une dépendance à l’automobile, évoluent-elles au fil des ans? C’est pour tenter de répondre à cette question que Sébastien Lord, présentement chercheur au Centre d’études de populations, de pauvreté et de politiques socio-économiques de Differdange, au Luxembourg, a rédigé une thèse de doctorat en aménagement du territoire et développement régional. Sa recherche vient d’ailleurs de lui faire remporter un des Prix du mérite en études sur l’habitation 2009 de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

«Le principal résultat de ma recherche est qu’une grande majorité du groupe d’aînés rencontrés à deux reprises en 1999 et 2006 est toujours en place, en banlieue, explique Sébastien Lord. Pendant que certains ont augmenté leur mobilité sur le territoire et que d’autres ont diminué leurs déplacements, tous ont montré un grand désir et une grande capacité d’adaptation à leur environnement résidentiel, et ce, afin de pouvoir vieillir dans leur domicile.»

Le groupe d’aînés rencontré en 1999 comprenait 102 personnes âgées de 61 à 89 ans. Ils habitaient des quartiers de banlieue de l’agglomération de Québec aménagés il y a un demi-siècle et où domine la maison de plain-pied (bungalow). Ces quartiers sont situés dans les arrondissements de Sainte-Foy, Sillery, Charlesbourg, Beauport et Duberger. Dans ces zones, l’offre en transport collectif est déficiente. Les répondants ont déclaré faire un peu moins de deux sorties par jour, près du tiers des sorties consistant en des achats. Les deux tiers des déplacements se font en automobile. En 7 ans, les aînés ont réduit l’étendue de leurs déplacements. Mais la fréquence des visites aux épiceries, banques ou pharmacies est demeurée relativement stable. Malgré le vieillissement, il y a donc maintien des habitudes de mobilité.

Sébastien Lord souligne que très peu de banlieusards âgés se convertissent au transport en commun pour leurs déplacements. «Cette façon de se déplacer, dit-il, est à l’opposé de leurs valeurs et de leurs représentations d’une personne autonome et indépendante en banlieue. Globalement, le transport en commun est structuré pour les travailleurs. Il n’est pas adapté aux besoins de déplacement des aînés banlieusards qui consistent, entre autres, en des trajets entre deux banlieues, à visiter les proches, à se rendre dans des commerces et au centre commercial.»

Le chercheur croit que la banlieue peut évoluer tout en conservant les attributs que les banlieusards recherchent, notamment la tranquillité et la verdure. Il préconise, entre autres, d’offrir des options de transport à la demande, d’améliorer la desserte des commerces et des services pour être accessible aux piétons, et d’aménager des lieux et des espaces publics près des besoins des aînés, comme les centres commerciaux de quartier.

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