Société

Le temps des beaux discours est terminé

«Le Canada investit des milliards de dollars dans la défense alors que les menaces de guerre sont peut-être de l’ordre de  1 %.»

Par : Renée Larochelle
David Suzuki, le 6 février, au Théâtre de la cité universitaire: «Le problème dans notre monde, c'est qu'on place l'économie au-dessus de tous les principes».
David Suzuki, le 6 février, au Théâtre de la cité universitaire: «Le problème dans notre monde, c'est qu'on place l'économie au-dessus de tous les principes».
Depuis le 1er février et jusqu’à la fin du mois, David Suzuki s’arrête dans de grandes villes canadiennes pour sensibiliser les citoyens à l’importance de réagir face au réchauffement de la planète. Dans le cadre de cette tournée, le charismatique et célèbre environnementaliste prononçait une conférence au Théâtre de la cité universitaire, le 6 février, dans une salle remplie à craquer. Le propos de David Suzuki a été on ne peut plus clair: non, il n’est pas trop tard pour faire quelque chose mais, oui, le temps presse si on veut éviter le pire. «Jamais dans l’histoire de l’humanité, le développement durable et l’environnement n’auront été des questions aussi importantes, a expliqué David Suzuki. Les politiciens ont compris que les électeurs prenaient la chose très au sérieux et qu’ils avaient tout à gagner en mettant l’environnement au premier plan de leurs préoccupations. Le temps des beaux discours est terminé. Il faut inciter les gouvernements à passer à l’action.»

Comment en sommes-nous venus à polluer la planète, à consommer avec excès et à saigner la Terre de ses ressources sans nous demander ce qui allait résulter de nos comportements? C’est fort simple, constate David Suzuki. Apparus quelque part en Afrique il y a 150 000 ans, nos ancêtres avaient le grand avantage d’avoir un cerveau plus développé que les autres espèces animales. Poussé par sa curiosité, sa créativité et sa capacité à prévoir l’avenir, l’être humain a effectué au cours des siècles d’immenses bonds en avant, avec le résultat qu’il domine aujourd’hui la planète. Malgré les progrès accomplis dans de multiples domaines, il se trouve toutefois aujourd’hui dans le cul-de-sac de la pollution, de la consommation à outrance et du pillage en règle des ressources du globe par le biais d’entreprises engagées dans la course au profit, comme l’industrie pétrolière notamment.

Que faire devant cette mort annoncée? Agir. Ne pas laisser le cancer s’étendre et investir dans la protection de l’environnement. «Le Canada investit des milliards de dollars dans la défense alors que les menaces de guerre sont peut-être de l’ordre de 1 %, souligne David Suzuki. D’un autre côté, on sait qu’il existe 99 % de chances que le réchauffement climatique soit causé par l’activité humaine. Il faut établir des priorités.» 

Une maison en santé
Pour David Suzuki, une bonne santé économique ne résout pas tout, contrairement à ce qu’affirment la majorité des décideurs et des politiciens. «L’écologie, c’est la maison, dit-il. L’économie gère les affaires de la maison. Mais si la maison n’est pas en santé, l’économie ne sert à rien. Le problème dans notre monde, c’est qu’on place l’économie au-dessus de tous les principes.» Et le conférencier de rappeler que le président George Bush s’était dit heureux du fait que les Américains aient recommencé à sortir, à acheter et à consommer, au lendemain du 11 septembre. «Pour le président, c’était le signe que la vie reprenait son cours et que tout rentrait dans l’ordre», déplore David Suzuki.

Que doit faire le simple citoyen pour contribuer à la santé de la planète? Beaucoup de choses, estime l’écologiste. En premier lieu, savoir que notre façon de nous nourrir, de nous loger et de nous véhiculer a des effets sur l’environnement. Ensuite, tout simplement, se demander pourquoi nous avons choisi de vivre où nous vivons, en l’occurrence la ville de Québec, et comment nous imaginons la ville dans 30 ou 40 ans. Dans quel genre d’environnement voulons-nous vivre? Quel héritage souhaitons-nous léguer à nos enfants et à nos petits-enfants? Enfin, il faut se persuader que nos efforts au quotidien pour protéger la planète représentent davantage qu’une goutte d’eau dans l’océan. À l’échelle du globe, c’est cette même goutte qui sauvera la Terre du raz-de-marée catastrophique qui se profile à l’horizon.

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