Société

La confiance dans les partis politiques s'effrite davantage

Par : Pascale Guéricolas
Les relations entre l’éthique et la politique font l’objet d’intenses discussions depuis quelques semaines au Québec et au Canada, la province et le pays étant secoués par une série de révélations à propos d’élus surpris la main dans le sac. Des affaires qui ne vont certainement pas contribuer à redorer le blason d’une classe politique plutôt malmenée dans l’opinion publique. La confiance dans les partis politiques, et les institutions, ne cesse en effet de s’effriter si l’on se fie à l’étude que vient de terminer le politologue Réjean Pelletier. Ce professeur associé au Département de science politique présente les résultats d’un sondage pancanadien de 2010 à l’occasion du Congrès annuel de la Société québécoise de science politique qui se déroule sur le campus les 20 et 21 mai.

En comparant les données recueillies à travers le Canada par la firme Léger-Marketing auprès de 1 500 personnes avec celles d’un sondage précédent effectué en 2005, Réjean Pelletier a constaté que les citoyens faisaient de moins en moins confiance aux partis politiques, qu’il s’agisse de formations fédérales ou provinciales. Seulement 28 % des Canadiens croient encore aux partis fédéraux en 2010, contre 34 % en 2005. Par ricochet, les parlements, tant provinciaux que fédéral, perdent de la crédibilité aux yeux des électeurs, puisqu’un tiers d'entre eux leur accordent leur confiance en 2010, contre presque la moitié en 2005. En fait, seule la Cour suprême réussit à rallier la confiance d’une portion importante des citoyens. «Ce déclin touche tous les partis politiques, observe le politologue, alors que ces formations se trouvent au cœur même du système démocratique. Cette tendance suit de très près celle de la baisse de la participation aux scrutins électoraux, non seulement ici au Canada, mais aussi à l’étranger.»

Loin de constituer un phénomène isolé, cette perte de confiance touche à peu près toutes les démocraties modernes. Selon Réjean Pelletier, on la constate aussi dans des pays qui ont retrouvé un pluralisme politique dans les années 1990, en Europe de l’Est par exemple. Là-bas aussi, après une période d’euphorie, la confiance des électeurs s’effrite. «Les partis politiques sont peut-être victimes du succès de l’État-providence, avance Réjean Pelletier. Après avoir mis en place les structures étatiques, ils doivent maintenant gérer le quotidien et c’est beaucoup moins emballant aux yeux de l’opinion publique.»

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