Société

La chute des murs

Le Vieux-Québec doit retenir ses résidants et s’ouvrir en même temps au reste de la ville

Par : Renée Larochelle
Les Québécois ne le savent peut-être pas, mais ils doivent une fière chandelle à Lord Dufferin. Si ce n’avait été du souci de cet homme de préserver le caractère historique de Québec, les murs encerclant la vieille ville seraient passés sous le pic des démolisseurs au début des années 1870. En effet, dès son arrivée à Québec en 1871, Lord Dufferin, gouverneur général du Canada, saisit l’immense potentiel patrimonial de ce lieu qui a été le théâtre d’une bataille épique entre Anglais et Français. L’élite canadienne-française souhaite pour sa part vouloir raser les murs afin de permettre à la ville de s’étendre. Qu’en est-il du Vieux-Québec aujourd’hui? «Je pense que le Vieux-Québec a réussi son destin», dit Guy Mercier, l’un des conférenciers à la Journée d’étude qui a eu lieu le 23 avril sur le campus à l’occasion du 25e anniversaire de l’inscription de Québec sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Selon ce professeur et directeur du Département de géographie, Québec s’est modernisée avec la patrimonialisation et le tourisme, en raison de l’économie florissante qui s’y est développée. «Québec a su conserver un juste équilibre entre le tourisme, le patrimoine et le résidentiel, souligne Guy Mercier. Mais cet équilibre demeure quand même sous tension. Le Vieux-Québec, comme le patrimoine, appartient aux citoyens et exige le respect de ses rues, de ses remparts et de ses ruelles. Si quelque chose nous choque dans son développement, on ne doit pas hésiter à en faire part aux conseils municipaux.»
 
Un parc à thème
Historien et chroniqueur urbain, Réjean Lemoine estime qu’un des grands défis actuels est de reconnecter le Vieux-Québec au reste de la ville. «Actuellement, estime-t-il, l’autoroute Dufferin-Montmorency agit comme un mur et sépare la ville en deux, de sorte que des milliers de touristes n’ont pas vraiment accès au faubourg Saint-Roch ou au faubourg Saint-Jean-Baptiste. Mais il y a des villes qui font pire, ajoute-t-il du même souffle. L’important est tenir compte de la place des résidents et de maintenir leur nombre, qui tourne autour de 5 000 actuellement, et qu’on ne transforme pas tout en hôtels et en condos de luxe. Un arrondissement historique, ce n’est pas un décor mais un milieu de vie.» Opinion partagée par Guy Mercier qui pointe du doigt la place Royale, «vidée de ses habitants et transformée en parc à thème». «On a joué la carte de l’animation, dit Guy Mercier. Cela ressemble à un musée en plein air. Je ne dis pas que c’est complètement mauvais, mais à côté de cela, le Vieux-Québec est une réussite.» 

Cette journée d’étude visant à marquer le 25e anniversaire de l’inscription de Québec sur la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO était organisée par le Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions, le Groupe de recherche sur les paysages de la représentation, la ville et les identités urbaines, l’Institut du patrimoine (UQAM), la Chaire de recherche en patrimoine urbain et le Forum de recherche publique sur le patrimoine.




























































































































































































































































































Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!