Société

Innover ou disparaître

Les entreprises manufacturières traditionnelles de la nouvelle ville de Lévis font face aux défis de l’innovation et de la participation à l’économie du savoir

Par : Yvon Larose
Le secteur manufacturier traditionnel de la nouvelle ville de Lévis regroupe 66 entreprises de 5 employés et plus qui, dans la plupart des cas, sont peu innovantes. Cette situation compromet leur avenir puisqu’elles doivent faire face à la concurrence de pays en voie d’industrialisation où des entreprises vendent moins cher des produits de qualité équivalente. Pour tirer leur épingle du jeu, les entreprises lévisiennes, en collaboration avec les organismes de développement économique locaux, doivent intégrer le concept d’innovation à leurs activités, non seulement en recherche et développement de nouveaux produits, mais aussi en commercialisation, en formation et en financement. Elles doivent pouvoir avoir un accès plus facile au financement et engager, former et retenir une main-d’œuvre compétente, disponible et flexible. Ce secteur d’activité doit pouvoir rayonner à l’étranger, notamment par des activités de démarchage. Enfin, les entreprises doivent pouvoir recourir aux ressources à leur disposition, en particulier les organismes gouvernementaux, les centres de recherche et les institutions d’enseignement.

Ces recommandations ont été faites le vendredi 27 avril à l’École d’architecture, lors de la présentation des résultats finaux de sept projets de recherche portant sur la nouvelle ville de Lévis. Trente-trois étudiantes et étudiants ont réalisé ces projets aux sessions d’automne et d’hiver dans le cadre du Laboratoire d’aménagement et de développement. Le Laboratoire est une activité de formation pratique de six crédits de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional (ÉSAD).

La recherche de René Boily, Marc-Eddy Johathas, Marc-André Nadeau, Guillaume Poulin et Karine Scrosati a porté sur 33 entreprises actives dans la fabrication, d’une part, de meubles et de produits du bois et, d’autre part, de produits métalliques. Seulement sept d’entre elles font de la création de nouveaux produits. Les deux tiers consacrent moins de 3 % de leur chiffre d’affaires aux activités de recherche et développement. La plupart exportent peu leurs produits. Les marchés sont principalement régional (53 %) et provincial (29 %). Dans 19 cas, la formation est donnée par l’entreprise et en entreprise. Dans les trois dernières années, 14 entreprises n’ont acquis aucune technologie.

«On observe une tendance, dans la nouvelle ville de Lévis, à développer une économie qui s’appuie davantage sur le savoir, explique le professeur Mario Carrier, directeur de l’ÉSAD et superviseur de l’équipe d’étudiants. Un certain nombre d’entreprises manufacturières traditionnelles sont innovantes et de nouvelles filières industrielles, notamment en technologies de l’information et des communications et en sciences de la vie et environnement, commencent à être présentes. Mais ces filières sont à l’état embryonnaire, donc relativement fragiles.» Selon lui, le défi de l’innovation est énorme. «Avec la concurrence mondiale, poursuit Mario Carrier, si les entreprises lévisiennes ne sont pas plus innovatrices dans les prochaines années, plusieurs vont disparaître. Il y a donc danger d’affaiblissement et de diminution du secteur manufacturier à Lévis sans une injection importante d’innovation.»



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