Société

Ils se sont souvenus

Le Moulin à paroles aura fait beaucoup parler avant même de se mettre à tourner

Par : Renée Larochelle
De quel sujet parlait-on le plus dans les journaux, dans les blogues, à la radio et à la télévision au Québec, début septembre? Non, il ne s’agit pas des Canadiens de Montréal, ni de la crise financière, ni même de la grippe A (H1N1), mais bien de la tenue du Moulin à paroles qui visait à marquer le 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham. Tout le monde y allait de son point de vue. Célébrait-on la fête des séparatistes? À quoi servirait tout ce blabla forcément partisan? Et surtout, pourquoi sortir le manifeste du FLQ et la crise d’Octobre des boules à mites, ce triste épisode de notre histoire qui s’est conclu par le meurtre du ministre Pierre Laporte? «Si j’avais des craintes sur l’avenir du métier d’historien et sur le désintéressement des Québécois face à leur histoire et à leur passé, elles se sont dissipées, dit Martin Pâquet, professeur au Département d’histoire. En témoigne l’intérêt considérable de la population et des médias pour ce qui a entouré la tenue du Moulin à paroles.»

La leçon d’histoire
Menant son enquête personnelle, Martin Pâquet a relevé 105 articles concernant la tenue de l’événement dans les principaux journaux francophones québécois, du 1er au 20 septembre. Du 3 au 14 septembre, il a aussi dénombré 2 961 interventions dans les blogues des grands quotidiens et hebdomadaires québécois de langue française, sans compter 1 676 interventions dans cinq forums de discussion – Politiquébec, Cowboys fringants, Forum Québec, Loco Locass, Forum-Québec.com-, du 2 au 29 septembre. Mais le moment le plus marquant aura été la diffusion du spectacle en direct le 13 septembre au Canal Vox, alors que plus de 530 000 personnes étaient devant leur petit écran à écouter ce que d’aucuns ont qualifié de «prodigieuse leçon d’histoire». En ligne, le portail Canoë a atteint le sommet inégalé de 24 000 visionnements simultanés. Le lendemain, la poussière était retombée sur ce Moulin qui a fait tant parler avant même de se mettre à tourner. 

«La qualité d’évocation d’un événement permet de sonder le sentiment d’appartenance au passé», explique Martin Pâquet, qui dit avoir été frappé par la gravité et même la solennité qui se dégageaient de la scène et du public, le 13 septembre. «Les gens n’étaient pas là pour reconstituer un événement, mais pour se le remémorer, souligne l’historien. Il y avait bien entendu de la mobilisation partisane, comme il y en avait eu dans le camp de ceux qui voulaient une reconstitution historique de la bataille. Mais là n’est pas l’important. La leçon à tirer de tout cela est que les gens sont très intéressés par leur passé et qu’ils veulent connaître leur histoire, peu importe leur opinion politique.»

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