Société

Good morning Vietnam

Ce pays communiste est en émergence, mais il doit, pour poursuivre son développement, relever de grands défis

Par : Yvon Larose
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) compte un nouveau membre depuis le 1er janvier: le Vietnam. «Le Vietnam est en processus d’émergence avec sa croissance économique rapide et son ouverture sur le monde, indique Louise Picard, étudiante à la maîtrise en études internationales. Il est cependant confronté à des défis importants. Avec son entrée à l’OMC, il fera face à la concurrence d’autres pays. Il doit accélérer le rythme des réformes économiques entreprises il y a une vingtaine d’années. Et est-ce que le dynamisme de la région du Sud-Est asiatique aura un effet de levier sur l’économie vietnamienne? Cela reste à voir.» Avec ses consœurs Karine Langlois et Dominique Meunier, Louise Picard faisait une présentation conjointe sur l’émergence du Vietnam comme puissance économique régionale, le jeudi 14 décembre au pavillon Palasis-Prince, dans le cadre d’un mini-colloque organisé par le Groupe d’études et de recherche sur l’Asie contemporaine (GÉRAC).

En 2005, le taux de croissance de ce pays communiste de 84 millions d’habitants a atteint 8,4 %, ce qui le plaçait deuxième au monde derrière son puissant voisin chinois. En fait, le Vietnam connaît une croissance économique remarquable depuis les années 1990, années au cours desquelles son économie a connu la deuxième plus rapide progression au monde après la Chine. Il est aujourd’hui le premier exportateur mondial de poivre et le deuxième exportateur de riz, de café et de noix d’acajou. En 2006, la valeur de ses exportations a atteint 36 milliards US. Depuis 1990, le Vietnam est le pays qui a le mieux réussi à réduire son niveau de pauvreté de tout le Sud-Est asiatique.

Une compétitivité à améliorer

Selon Dominique Meunier, le Vietnam aura notamment à relever les défis de la valeur ajoutée et de la compétitivité. «Le principal secteur en croissance est l’industriel, souligne-t-elle. Mais sa croissance est basée sur des biens à faible valeur ajoutée.» Le Forum économique mondial place le Vietnam au 82e rang sur 126 pays pour la compétitivité micro-économique de ses entreprises. En comparaison, la Chine vient au 64e rang et l’Inde au 27e. «La compétitivité est importante, affirme l’étudiante. Elle aide à soutenir la croissance. Le Vietnam a encore un long chemin à faire pour devenir compétitif.» En 2003, les entreprises d’État représentaient 38 % de l’ensemble des entreprises. Un autre 33 % était constitué d’entreprises familiales. «Ce dualisme économique laisse peu de place au secteur privé», indique Dominique Meunier. Elle rappelle qu’un million de nouveaux travailleurs entrent chaque année sur le marché du travail. «Il est vital d’accélérer le rythme des réformes économiques, ajoute-t-elle. Mais la transformation des entreprises d’État en entreprises privées se fait très lentement.» En 2006, Transparency International, une organisation non gouvernementale luttant contre la corruption des gouvernements, plaçait le Vietnam au 114e rang sur 159 pays pour le contrôle de la corruption. La Chine était 78e. Malgré de grands progrès sur la pauvreté, le revenu annuel moyen au Vietnam demeure très bas, soit 2 800 $ US. Il est respectivement de 3 400 $ en Inde, 6 800 $ en Chine et 8 600 $ en Thaïlande.

Durant la période de questions, Zhan Su, professeur au Département de management et directeur du GÉRAC, a rappelé que la Chine avait «bien profité» de sa présence à l’OMC depuis cinq ans. Il a également mentionné que le Vietnam suit fidèlement le modèle de développement économique implanté en Chine en 1979. «L’économie, dit-il, est dynamique, on favorise l’émergence d’entreprises privées et le régime totalitaire fait la promotion d’un développement économique discipliné.» Une différence de taille cependant: le gouvernement vietnamien distribue les ressources financières dans un esprit égalitariste, alors qu’en Chine, on a d’abord permis à un petit nombre de régions et de personnes de s’enrichir. «Le modèle chinois donne des résultats très forts, explique Zhan Su. On a d’abord développé le sud, ensuite l’est vers le nord. Maintenant, on s’étend vers le centre. Au Vietnam, on assiste à une dispersion des ressources.»

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