Société

Finie, la «Liberté 55»

Selon Simon Langlois, les modifications envisagées au Régime de rentes du Québec devraient tenir compte de la conciliation travail-loisirs chez les travailleurs âgés et ne pas pénaliser les jeunes générations de cotisants

Par : Yvon Larose
Simon Langlois, professeur au Département de sociologie : «Le Québec peut réussir la conciliation travail-loisirs comme il a réussi la conciliation travail-famille. Par équité entre les générations, il faut trouver un meilleur équilibre entre les hausses de cotisations et les changements à apporter au fonctionnement actuel du Régime.»
Simon Langlois, professeur au Département de sociologie : «Le Québec peut réussir la conciliation travail-loisirs comme il a réussi la conciliation travail-famille. Par équité entre les générations, il faut trouver un meilleur équilibre entre les hausses de cotisations et les changements à apporter au fonctionnement actuel du Régime.»
Ce mardi 15 septembre, le professeur Simon Langlois, du Département de sociologie, a présenté un mémoire à la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale du Québec à l’occasion d’auditions publiques sur un document de consultation préparé par la Régie des rentes du Québec. «Des changements s’imposent au Régime de rentes du Québec (RRQ), explique le professeur. Il faut maintenant l’ajuster aux nouvelles réalités de la famille et du marché du travail.»

Un autre facteur justifie ce virage. Le Régime a été mis à mal entre autres par l’espérance de vie plus longue que prévu des retraités, par la diminution du nombre de travailleurs cotisants et par l’effet négatif de la crise financière sur le rendement des placements boursiers du Régime. Dans ce contexte, la Régie des rentes propose de hausser le taux de cotisation au RRQ de 0,1 point par année à compter de 2011 pour qu’il atteigne un taux d’équilibre de 10,4 % en 2015. En l’absence de hausses, on prévoit que la réserve du Régime sera épuisée en 2037.

Dans son mémoire, Simon Langlois insiste sur deux aspects cruciaux. Le premier: l’équité entre les jeunes générations de cotisants et les générations plus âgées. Le second: la conciliation entre le travail et les loisirs chez les travailleurs approchant de la retraite. «La proposition de hausser trop fortement les cotisations viendrait heurter le principe d’équité entre les générations, affirme le professeur. Il faut trouver un meilleur équilibre entre la hausse des cotisations et les ajustements nécessaires à apporter aux prestations consenties aux retraités afin de minimiser l’impact générationnel non négligeable que de fortes hausses risqueraient d’entraîner.»

Des virages bénéfiques au Régime
Comme le Régime est déficitaire entre autres parce que les travailleurs cotisants se retirent très tôt du marché du travail, Simon Langlois estime qu’il faut inciter les gens qui le désirent à rester en emploi plus longtemps. Selon lui, une partie significative de la population active a la volonté de rester en emploi après 60 ans. «À des rythmes différents et selon des formules plus souples, considérant les aspirations légitimes au loisir à cette étape de la vie», précise-t-il. Selon le professeur, il faut rapidement mettre en place des politiques qui vont lever les nombreux obstacles qui empêchent cette conciliation, ce qui serait bénéfique au financement du Régime. «Il faut revoir l’imaginaire social qui entoure la place du travail après 60 ans, celui de la “liberté 55”, en revalorisant la place du travail salarié», soutient-il.

Afin d’encourager le maintien en emploi des travailleurs âgés, Simon Langlois propose un crédit d’impôt sur les revenus de travail obtenus après 60 ans. «Tous y gagneraient, dit-il. L’État retirerait des impôts sur le revenu qu’il ne percevrait pas autrement en situation de retraite. Les entreprises conserveraient une partie de leur main-d’œuvre dans le contexte de la pénurie appréhendée. Enfin, le RRQ retirerait des cotisations supplémentaires.» Une autre de ses propositions consiste à hausser l’âge de la préretraite à plus de 62 ans, compte tenu de la hausse notable de l’espérance de vie en bonne santé.

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