Société

Facebook est-il vraiment votre ami?

Lieu de partage et de divertissement, ce fabuleux outil de communication exige tout de même une certaine prudence dans son utilisation

Par : Renée Larochelle
Faites-vous partie des 500 millions d’utilisateurs que compte Facebook dans le monde? Ou au contraire, l’idée de vous joindre à ce mégaréseau social vous fait craindre de perdre un certain contrôle sur votre vie privée? Interrogé sur ces aspects, Maxime Coulombe affirme que, si on peut imaginer qu’il existe de mauvaises utilisations de Facebook, il demeure d’abord et avant tout un «merveilleux moyen de réseautage». «Nous avons un devoir de prudence face aux technologies, et mes recherches insistent beaucoup sur ce devoir», dit ce sociologue et professeur en histoire de l’art à l’Université, auteur de l’ouvrage Le monde sans fin des jeux vidéo, paru récemment aux Presses universitaires de France. «Mais nous ne devons pas non plus devenir simplement paranoïaques, souligne-t-il. L’histoire de la modernité est parsemée d’inquiétudes devant les nouvelles technologies et Facebook n’y fait pas exception. Pour moi, Facebook est une immense oreille qu’on espère réceptive à ce qui nous arrive. Facebook  est également le miroir de notre société, où les individus ont besoin de savoir qu’ils existent aux yeux des autres. Bref, c’est un outil de notre époque qui permet de pallier certains problèmes de communication.»

Naïveté et paranoïa
Avec Anne Chartier, professeure au Département des systèmes d’information organisationnels, Maxime Coulombe sera l’un des deux professeurs de l’Université à participer, le 13 septembre, à 19 h 30, au Musée de la civilisation, à une rencontre ayant pour thème «Les réseaux sociaux: Facebook est-il vraiment votre ami?» L’événement s’inscrit dans la série des rencontres Participe Présent. Selon Maxime Colombe, c’est l’idée de partage et de divertissement qui prime d’abord et avant tout sur Facebook. «On s’adresse moins à quelqu’un qu’à un réseau, souligne-t-il. On a l’occasion de renouer avec des connaissances, avec des amis. Il s’agit d’un moyen à peu de frais de se sentir moins seul.» Bien sûr, Facebook n’est pas parfait et ne saurait remplacer les amitiés qu’on peut nouer en dehors du réseau. Quant aux fuites qui peuvent survenir, comme ce qui s’est passé récemment avec la présence, sur une page Facebook, des questions d’examen de futurs enseignants censées restées secrètes, Maxime Coulombe ne s’en formalise pas trop. «Ces choses-là existent depuis longtemps, dit-il. De tout temps, les étudiants ont voulu trouver des moyens pour connaître des questions à l’avance. Encore une fois, il ne faut pas tomber dans la paranoïa.»

Pour sa part, Anne Chartier fait observer qu’avec Facebook, la frontière entre le privé et le public s’atténue de plus en plus. «Il y a des enjeux éthiques liés à tout cela, dit-elle. Il faut savoir comment gérer certaines situations délicates, par exemple lorsqu’un patron demande à un de ses employés d’être son ami. Même chose pour un enfant de 10 ans qu’on ne laisse pas aller sur Facebook sans surveillance parentale.» Selon elle, il faut faire preuve d’une certaine prudence et d’un sens commun lorsqu’on utilise Internet. «Quand la diffusion d’information est à risque, comme dans le cas de questions d’examens de français, il y a des codes de sécurité à appliquer. Les technologies doivent être gérées par les humains. Cela dit, il ne faut tomber ni dans la naïveté ni dans la paranoïa.»       

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