Société

Du campus à l'Assemblée nationale?

Trois membres de la communauté universitaire sont candidats aux élections du 26 mars

Par : Pascale Guéricolas
«C’est une folie d’être candidat!», lance joyeusement Jean-Yves Desgagnés. Depuis quelques semaines, ce superviseur de stages à l’École de service social n’a plus une minute à lui. Entre le porte à porte, les réunions de coordination, la formation à donner, ce candidat du parti Québec solidaire dans le comté de Jean-Lesage court sans cesse. Longtemps coordonnateur du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, la question de l’égalité des droits lui tient à cœur. Son programme met donc l’accent sur l’accès au logement et à l’emploi, des problèmes bien réels dans un quartier comme Limoilou où de nombreux immigrants et réfugiés ont élu domicile. Ce diplômé de l’École de service social s’inquiète également de la hausse appréhendée des droits de scolarité. «Je suis très sensible à l’impact de cette augmentation sur la condition de vie des étudiants, note Jean-Yves Desgagnés. Fils de travailleur d’Alcan, je n’aurais pu entreprendre des études s’il m’avait fallu payer un gros montant. L’éducation doit donc être libre et gratuite. Par contre, personnellement, je pense qu’une fois les études accomplies, nous avons une responsabilité envers la société. Par nos impôts, nous devrions pouvoir retourner une partie de ce qui nous a été donné.»
   
L’éducation constitue aussi un thème de campagne important pour Martin Courval, président du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval (SCCCUL) et militant péquiste de longue date. Citoyen de Neuville depuis 20 ans, cet ancien attaché politique porte les couleurs de son parti dans le comté de Portneuf. Son expérience de chargé de cours au Département des relations industrielles l’amène à rêver d’un nouveau modèle universitaire. «Pour moi, l’université idéale combine théorie et pratique, fait-il remarquer. C’est essentiel d’investir dans l’éducation dans un contexte de mondialisation. Je vois bien que la région perd des emplois peu qualifiés.» À l’entendre, une croissance économique de 4,5 % et des impôts d’un montant semblable à ceux d’aujourd’hui permettraient au gouvernement d’améliorer la situation actuelle tout en maintenant le gel des frais de scolarité. Bien entendu, l’avènement d’un Québec souverain bonifierait, à l’entendre, l’investissement dans ce secteur.

Professeur depuis cinq ans au Département des sciences du bois et de la forêt, Robert Beauregard s’inquiète de son côté de la baisse du nombre de diplômés. Très sensible au décrochage scolaire des garçons, ce candidat péquiste dans La Peltrie s’interroge sur la manière d’éveiller l’intérêt pour les études d’une génération fascinée par le cyberespace. Cependant, c’est surtout sa vision d’une réforme de la forêt qui l’a convaincu de se jeter dans la bataille électorale. «Pour maintenir l’emploi et améliorer la productivité de la forêt, il faudrait innover, énonce-t-il. Pourquoi continuer à exporter des deux par quatre alors qu’on peut vendre des maisons? L’aménagement forestier doit également être intensifié, qu’il s’agisse du reboisement, des éclaircies, du drainage. Sans oublier la nécessité de conserver la forêt naturelle pour la biodiversité en protégeant 12 % du territoire.»  André Boisclair lui a laissé entendre qu’il pourrait piloter une telle réforme si le PQ accède au pouvoir. Sinon, l’aspirant député se sent prêt à mener une opposition constructive.

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