Société

Des traditions plus vivantes que jamais

Le patrimoine culturel immatériel connaît un intérêt grandissant au Québec et dans le monde

Le patrimoine culturel immatériel comprend notamment les chants, danses et musiques traditionnels, ainsi que les savoir-faire artisanaux, comme le tissage et la taille de la pierre.
Le Canada sera-t-il le prochain signataire de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco? La question était sur toutes les lèvres le jeudi 19 mai, au pavillon La Laurentienne, lors de la première journée d'un colloque international de trois jours et demi sur les usages du patrimoine culturel immatériel. En après-midi, le président et co-organisateur de l'événement, le professeur Laurier Turgeon, du Département des sciences historiques, est venu alimenter le débat en présentant les résultats d'un sondage récent mené par le Laboratoire d'enquête ethnologique et multimédia qu'il dirige. Il est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique. «Nous avons rejoint 780 organismes actifs en matière de patrimoine au Québec et au Canada, a-t-il expliqué. Nous leur avons demandé s'il était important pour le Canada de signer la Convention que 167 pays ont déjà ratifiée. Quatre organismes sur cinq ont répondu oui. Le résultat m'a surpris. Je ne pensais pas que la réponse serait quasi unanime en faveur de la signature de la Convention.»

En quelques mots, le patrimoine culturel immatériel comprend notamment les fêtes et les festivals, la chanson et la musique traditionnelles, le conte et la danse folklorique, la cuisine d'autrefois et les savoir-faire artisanaux, qu'il s'agisse du tissage, de la taille de la pierre, ou du travail de forgeron.

«Le patrimoine culturel immatériel représente un enjeu important pour le développement d'un sentiment d'appartenance à un groupe ou à un territoire, affirme Laurier Turgeon. Il favorise la cohésion sociale. Il contribue à la diversité culturelle face au mouvement de mondialisation qui tend à détruire les diverses formes culturelles.» Selon lui, ce nouveau champ du patrimoine représente aussi un enjeu pour le développement du tourisme culturel. «On observe une demande touristique plus grande pour ce type de patrimoine, dit-il. Les touristes ne recherchent plus seulement la visite de bâtiments ou de musées. Ils veulent connaître et participer, ils veulent s'immiscer dans la culture, par exemple en goûtant à la cuisine régionale.»

Le colloque est organisé par une demi-douzaine de partenaires, dont l'Association canadienne d'ethnologie et de folklore, la Société canadienne pour les traditions musicales et l'Institut du patrimoine culturel de l'Université Laval. La rencontre vise à dresser un bilan de la Convention de l'Unesco depuis son entrée en vigueur en 2006, ainsi qu'un état des lieux dans les pays participants. En 10 ans, l'intérêt pour le patrimoine culturel immatériel n'a cessé de croître sur tous les continents. Les musées recueillent maintenant des traditions orales. Des villes comme Montréal et Québec intègrent le patrimoine culturel immatériel à leurs politiques culturelles pour améliorer l'interprétation de leurs sites historiques.

Le colloque réunit plus de 170 conférenciers provenant de 17 pays étrangers, de 7 des 10 provinces canadiennes et des Premières Nations. Ce groupe diversifié comprend des chercheurs de renom, des étudiants, des professionnels d'institutions culturelles et muséales, des fonctionnaires, des praticiens et des représentants de 32 ONG. À elle seule, l'Université Laval a une vingtaine de représentants sur place.

Le Québec est l'une des provinces canadiennes parmi les plus sensibilisées au patrimoine culturel immatériel. «Cela s'explique notamment par notre patrimoine qui est très riche et varié, soutient Laurier Turgeon. De plus, à l'Université Laval, le programme en ethnologie et patrimoine existe depuis 1944. On y trouve les archives les plus anciennes en ce domaine au Canada. Des centaines de mémoires et de thèses ont été réalisées ici.»

Le Québec est en outre la première province, et la seule à ce jour, à avoir reconnu le patrimoine culturel immatériel sur le plan juridique. «La Loi sur le patrimoine culturel a vu le jour en 2012, poursuit-il. Elle reprenait plusieurs des principes de la Convention de l'Unesco. La Chaire que je dirige a beaucoup nourri la réflexion du gouvernement dans ce dossier, notamment avec des inventaires faits dans toutes les régions du Québec.»

Dans son exposé du 19 mai, Laurier Turgeon a brossé un portrait des réalisations numériques faites dans les 10 dernières années à l'Université Laval sur le patrimoine culturel immatériel québécois. Selon lui, l'Université occupe la position de tête en ce domaine dans le réseau universitaire au Québec. Son équipe a notamment réalisé l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française, l'exposition virtuelle Manger ensemble! sur le patrimoine alimentaire du Québec et l'application mobile Découvrir Québec.

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