Société

Des stagiaires globe-trotters

En 2015, 59 étudiants de la Faculté de médecine ont réalisé un stage à l'international dans 14 pays en développement, dont le Ghana

Par : Yvon Larose
Steven Gagnon, Claude Thériault et Théo Brouillet en compagnie d'enfants au cours d'une balade dans un village de pêcheurs du sud du Ghana.
Steven Gagnon, Claude Thériault et Théo Brouillet en compagnie d'enfants au cours d'une balade dans un village de pêcheurs du sud du Ghana.
Théo Brouillet, Steven Gagnon et Claude Thériault sont tous trois inscrits au doctorat en médecine. Entre juin et août 2015, ils ont effectué un stage international et interculturel au Ghana, un pays d'Afrique de l'Ouest.

«Nous avions le goût du voyage, d'aller explorer, de voir comment les choses se passent ailleurs, raconte Claude Thériault. En plus de découvrir le monde, le stage allait nous permettre de toucher à notre domaine d'études et de le voir sous une autre perspective.»

Le mercredi 9 mars, au pavillon Ferdinand-Vandry, les trois étudiants ont présenté les faits saillants de leur expérience africaine à l'occasion de la Journée en santé mondiale. Une cinquantaine d'autres étudiantes et étudiants en médecine et en physiothérapie ont fait de même pour leurs stages réalisés en 2015 dans 13 autres pays en développement.

Les trois stagiaires au Ghana ont résidé à Saltpond, chacun dans une famille dont ils ont partagé le quotidien. «Nous avons découvert une autre façon de voir la vie, explique Claude Thériault. Leur relation au temps est différente de la nôtre, ainsi que leur éthique de travail.»

Leur stage, ils l'ont réalisé dans un hôpital local. L'établissement comprend quatre départements, chacun équipé d'une vingtaine de lits. On y trouve une salle de chirurgie, une salle d'urgence et une clinique sans rendez-vous. Seuls trois médecins desservent l'ensemble de l'hôpital. Claude Thériault qualifie la médecine pratiquée dans ce pays de «patriarcale». «Le médecin donne des ordres au patient, souligne-t-il. Il passe très peu de temps avec lui. Là-bas, le patient n'est pas au centre du système de santé.»

Durant leur séjour, les étudiants n'ont posé aucun acte médical puisque qu'ils faisaient un stage d'observation. Toutefois, on les a autorisés à vacciner puisqu'ils avaient reçu une formation avant leur départ de Québec. Sinon, ils ont donné, avec des infirmières, des ateliers de prévention sur les complications qui peuvent survenir durant les grossesses à l'adolescence.

«Dans ce pays, indique Claude Thériault, environ 14% des filles ont déjà un enfant à 18 ans. Et plusieurs en attendent un deuxième. L'avortement, lui, est illégal. Franchement, trop de filles de moins de 18 ans tentent d'avorter par elles-mêmes, que ce soit par des moyens physiques ou par l'usage de plantes, ce qui provoque de sérieuses complications, telles que des hémorragies, des infections ou un empoisonnement.» Dans les ateliers, tout en tenant compte de la culture locale, les étudiants ont notamment expliqué la nature des complications liées aux grossesses à l'adolescence. Ils ont aussi parlé de la contraception.

Au Ghana, les deux principales problématiques de santé sont la malaria et l'eau. «Tous les enfants attrapent la malaria un jour ou l'autre, soutient Claude Thériault. Ils sont très vulnérables à cette maladie, transmise par une piqûre de moustique, parce que la prévention est inexistante. Quant à l'eau, elle contient beaucoup de bactéries. Il est fortement déconseillé d'en boire au robinet.»

À l'été et à l'automne 2015, 59 étudiantes et étudiants en médecine et en physiothérapie ont effectué un stage international et interculturel sur trois continents. Ces stages ont été organisés par le Fonds étudiant de la Faculté de médecine en santé internationale (FEMSI). Cette année, ils seront 61 stagiaires inscrits en médecine, physiothérapie et ergothérapie à se rendre dans 11 pays d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie. Mentionnons, comme exemples de destinations, le Nicaragua, la Tunisie et le Vietnam. Si l'on inclut ceux et celles qui partiront cet été ou cet automne, tout près de 700 étudiantes et étudiants de la Faculté de médecine auront réalisé un stage international et interculturel depuis la création du FEMSI en 2005.

«Ces stages permettent aux étudiants d'élargir leur façon de penser en voyant comment vivent les gens d'autres cultures, c'est bénéfique», affirme l'étudiant Renaud Huard, l'actuel coprésident du FEMSI. L'an dernier, il était stagiaire à Madagascar. «La dimension interculturelle est importante, poursuit-il. À Madagascar, j'ai découvert un mode de vie plus relaxe qu'ici. Les gens se contentent de moins, ils semblent heureux et l'entraide est importante. Dans cette culture, les aînés sont très considérés.»

Selon Chloé De Bellefeuille-Vigneau, conseillère en mobilité internationale à la Faculté de médecine, le FEMSI fait partie des éléments facultaires attrayants. «Un nombre important de futurs étudiants, dit-elle, choisissent l'Université Laval parce qu'ils connaissent le FEMSI et qu'ils veulent faire un stage international et interculturel.»

Onze milieux de stages sont offerts cette année. L'an dernier, il y en avait 14. «Il se passe beaucoup de choses sur la planète et on s'ajuste aux possibilités, indique-t-elle. Ainsi, nous avons dû arrêter d'aller au Mali pour des raisons sécuritaires.» Selon elle, la plupart des stagiaires n'ont pas l'intention de travailler en santé internationale. «Ils ont une certaine curiosité culturelle, souligne-t-elle. Comme professionnels, ils sauront mieux négocier avec la composante interculturelle de la société québécoise.»

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