Société

Des négociations ardues sur les GES

La conférence de Copenhague sur le régime climatique qui succédera au protocole de Kyoto déboucherait, au mieux, sur un accord de principe

Par : Yvon Larose
Dans quelques jours, les représentants de près de 200 pays se donneront rendez-vous à Copenhague, la capitale du Danemark, à l’occasion de la 15e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Du 7 au 18 décembre, les participants tenteront d’élaborer un accord global sur la réduction des gaz à effet de serre (GES) qui succédera, après 2012, au protocole de Kyoto. «À mon avis, on aurait au mieux un accord de principe», affirme Philippe Le Prestre, professeur au Département de science politique et directeur de l’Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société.

Le mercredi 18 novembre, ce dernier participait, au pavillon Charles-De Koninck, à une table ronde sur la conférence de Copenhague. Selon lui, les chances sont minces de voir les participants accoucher d’un accord contraignant pour la réduction des GES, lesquels sont responsables du changement climatique. Un tel accord devrait comprendre des cibles ambitieuses, du financement et des vérifications à la clé. «S’il y a un point d’accord à Copenhague, précise le professeur Le Prestre, ce sera celui de la diminution des émissions obtenue en réduisant le déboisement et en soutenant la plantation d’arbres dans les pays tropicaux.» Le déboisement est responsable de 15 à 20 % des émissions mondiales de GES en rejetant dans l’atmosphère le carbone préalablement stocké par les forêts au moyen de la photosynthèse.

Les négociations en cours depuis déjà quatre ans sur l’après-Kyoto font l’objet d’une intense activité diplomatique et se déroulent dans un climat de méfiance entre pays industrialisés et pays en développement. «La plupart des pays industrialisés signataires du protocole n’ont pas atteint leur cible d’émissions de GES, explique Philippe Le Prestre. Quant aux pays émergents, ils sont extrêmement réticents à s’engager formellement et de façon précise à atténuer leurs émissions, avant que les pays industrialisés ne le fassent et d’une manière bien plus ambitieuse.»



Philippe Le Prestre: «La plupart des pays industrialisés signataires du protocole n’ont pas atteint leur cible d’émissions de gaz à effet de serre».




Cela dit, le gouvernement chinois annonçait, le 26 novembre, son intention de réduire les émissions polluantes par unité de PIB de 40 à 45 % d’ici 2020 par rapport à ceux de 2005. Ce pays est le premier émetteur mondial de CO2, ou dioxyde de carbone, considéré comme le principal gaz à effet de serre. «La Chine a annoncé une cible d’intensité, non des cibles de réduction absolues, indique le professeur. Cela veut dire que la croissance des émissions de la Chine continuerait, mais à un rythme moins élevé qu’elle ne l’aurait fait en l’absence de telles mesures.» Philippe Le Prestre croit qu’un tel engagement pourra avoir un effet d’entraînement sur les autres pays émergents, notamment la Russie, et sur les pays industrialisés, comme les États-Unis. Rappelons que les Américains n’ont pas signé le protocole de Kyoto.

Philippe Le Prestre souligne la tendance, depuis quelques années, à essayer de limiter les négociations aux grands émetteurs de GES. «Il y a l’idée, dit-il, qu’il est plus efficace de négocier à 20 plutôt qu’à 192.» Il demande également si le protocole de Kyoto n’a pas été un obstacle à la coopération entre les États. «Les pays, soutient-il, auraient pu tenter de négocier un panier de solutions adaptées à différentes situations régionales.» Selon lui, on assistera probablement à la formation d’une coalition de pays de bonne volonté en matière de réduction de GES.

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