Société

Des investisseurs à protéger

Selon Jean-François Guimond, il existe différentes façons pour l’épargnant de se prémunir contre le risque de fraude inhérent à tout fonds commun de placement

Par : Yvon Larose
L’épargnant québécois peut se prémunir, en partie du moins, contre le risque de fraude inhérent à tout fonds commun de placement dans lequel il a investi. Par exemple, il peut éviter de faire affaire avec un seul gestionnaire et avec une seule société de gestion de fonds communs. Cela dit, il y aurait moyen de rehausser cette protection globale. Cela peut se faire notamment en renforçant la réglementation relative aux fonds communs et en améliorant la qualité et la pertinence de l’information disponible. On pourrait même envisager la création de fonds pourvus d’un système automatique de limitation des pertes. Ces idées, Jean-François Guimond, professeur au Département de finance et assurance, les a exposées le 6 février dernier à Québec, devant la Commission des finances publiques de l’Assemblée nationale. Il commentait ainsi, sous la forme d’un mémoire, le document de consultation de la Commission intitulé: Les fonds communs de placement: la protection des épargnants du Québec.

Selon Jean-François Guimond, une fraude commise par un gestionnaire de fonds communs, geste par ailleurs très rare, n’est pas le seul risque qui requiert une protection pour l’épargnant. «Lorsqu’on investit dans un fonds commun, explique-t-il, on délègue non seulement la gestion des actifs à un gestionnaire, mais aussi la surveillance du gestionnaire à un fiduciaire.» Cette délégation de pouvoirs entraîne, selon lui, quatre types de risques. L’un d’eux est que le gestionnaire, à l’insu de son client, modifie en cours de route le niveau de risque du portefeuille en vue d’un meilleur rendement. Un autre est que le fiduciaire, chargé de surveiller le gestionnaire, ne s’acquitte pas adéquatement de sa tâche.

Minimiser les coûts du risque
«Comme on ne peut éliminer complètement les risques liés à la délégation de pouvoirs, indique Jean-François Guimond, il faut chercher à en minimiser les coûts.» Cet objectif peut être atteint en réduisant la probabilité d’une perte, entre autres, en augmentant les sanctions minimales, tant monétaires que carcérales. «On pourrait aussi exiger que les investisseurs confirment être d’accord avec l’exposition retenue aux différents risques, de même qu’avec la stratégie de gestion de ces risques», soutient le professeur. Contrairement à ce qu’avancent bon nombre d’intervenants, Jean-François Guimond croit qu’instaurer un mécanisme d’indemnisation ne serait pas une bonne idée. «Il faut, dit-il, choisir la façon la moins chère de gérer les risques. De plus, il ne faut surtout pas éliminer les conséquences d’un investissement risqué, ce que ferait un fonds de garantie, sans parler que les investisseurs seraient ainsi déresponsabilisés.» Selon ce dernier, gérer le risque, tout en réduisant les pertes, peut se faire notamment par la diversification des types de placement. «Ce qu’il faut, poursuit-il, c’est surtout donner les outils aux investisseurs pour reconnaître les objectifs qu’ils veulent atteindre et leur expliquer comment y parvenir.» On peut consulter le mémoire du professeur Guimond sur la protection des épargnants à l’adresse suivante: www.fsa.ulaval.ca/personnel/guimondj/Interventions.htm.

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