Société

Convivialité urbaine

Une table ronde a présenté les bénéfices et les limites de la densification urbaine, qui consiste à faire vivre davantage de monde dans un même espace

Par : Nathalie Kinnard
Bien des Québécois voient encore la maison unifamiliale de banlieue comme le meilleur endroit pour élever leur famille. Même s'ils conviennent que le développement durable passe par une densification des quartiers, ils ne sont pas tous prêts à adopter ce principe dans leur cour.

Ainsi, la saga de l'îlot Irving a divisé le quartier Saint-Jean-Baptiste et fait couleur beaucoup d'encre avant d'en arriver à une entente. À Sillery, plusieurs groupes se sont engagés dans un dialogue de sourds concernant la conversion des propriétés religieuses.

«La densification urbaine n'est pas à la mode dans notre culture nord-américaine. Nous sommes plus portés vers l'étalement urbain, car le territoire et l'énergie ne coûtent pas encore trop cher ici, contrairement aux pays européens», souligne André Potvin, professeur à l'École d'architecture et directeur de l'Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société (EDS). Mais les temps changent. Dans un esprit de développement durable, nous devons tous diminuer notre consommation énergétique et préserver les ressources naturelles. Il faudra apprendre à partager les services et donc à accepter de densifier les villes. Le professeur Potvin, qui a animé la table ronde «Réussir l'habitat dense», le 31 janvier au pavillon Gene-H.-Kruger, a comme objectif de différencier densification perçue et densification juste.

«Une quartier dense ne signifie pas nécessairement des tours et des immeubles en hauteur», précise-t-il. Contrairement à ce que plusieurs promoteurs laissent entendre, la construction verticale sans fin n'est pas nécessairement la seule solution. Le quartier Limoilou en est probablement le meilleur exemple. Plusieurs personnes se partagent l'espace, les ressources et les services sans impression d'étouffement, dans des immeubles d'au plus trois étages.  «C'est un projet de densification des plus réussis», soutient le professeur Potvin.

Comment changer notre mentalité à vouloir s'étaler plutôt qu'à condenser et à partager? En impliquant les divers paliers de gouvernance et les citoyens ainsi qu'en informant tout le monde des différentes facettes de la densification, qui va plus loin que la seule notion d'architecture, croit André Potvin. L'une de celles-ci a été abordée par un des invités à la table ronde, Étienne Berthold, professeur au Département de géographie. «On oublie souvent de regarder l'effet social du processus de densification, rappelle le spécialiste. Au-delà de l'acceptation ou non d'un projet, il faut voir l'effet positif que les débats ont sur les groupes d'intérêt en les forçant à mieux structurer leur pensée et à se donner de nouveaux objectifs ou un guide d'action.»

C'est ainsi que les propositions de densification de l'îlot Saint-Patrick ont amené plusieurs groupes à préciser leur argumentaire. Notamment, le conseil de quartier en a profité pour dévoiler sa vision d'éco-quartier. «Le développement durable sert donc aussi à faire avancer l'opinion et l'action publique, à faire voyager les arguments. Plusieurs réussissent à se faire entendre un peu plus de cette façon», conclut le professeur Berthold.

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