Société

Brasser des affaires à l'étranger

Les risques géopolitiques ont augmenté sous l'administration Trump, mais les entrepreneurs d'ici sont outillés pour leur faire face

Par : Yvon Larose
Un entrepreneur doit comprendre les facteurs socioculturels et les normes réglementaires ainsi que les risques que comporte le marché d'exportation
Un entrepreneur doit comprendre les facteurs socioculturels et les normes réglementaires ainsi que les risques que comporte le marché d'exportation
Comment les entrepreneurs québécois et canadiens peuvent-ils gérer les risques géopolitiques dans un contexte mondial de plus en plus incertain? C'est la question à laquelle quatre experts, dont le professeur Yan Cimon du Département de management, ont tenté de répondre, le 4 mai à Montréal, lors de la quatrième présentation du Forum St-Laurent sur la sécurité internationale. L'événement était organisé par les HEI de l'Université Laval, l'UQAM et l'Université de Montréal.

Qu'il s'agisse de l'insécurité en Afrique due aux groupes terroristes, de la montée du protectionnisme en Chine, de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne en 2019 ou de la renégociation en cours de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), les risques géopolitiques d'envergure ne manquent pas. Que faire alors si l'on est un entrepreneur québécois ou canadien désireux de prendre maintenant de l'expansion hors des frontières?

«Le risque géopolitique a toujours existé, répond Yan Cimon. Cependant, avec les politiques de la présidence Trump, le niveau d'incertitude sur le plan mondial a augmenté. Les questions sécuritaires prennent de plus en plus d'importance. Cela dit, les entrepreneurs d'ici qui veulent brasser des affaires à l'étranger bénéficient d'un meilleur accompagnement que par le passé. Ils ne doivent pas avoir peur de se lancer à l'international. Il existe de nombreux outils leur permettant de gérer les risques.»

Ces risques sont de tous ordres. Un client étranger peut ne pas payer pour le produit reçu. Les variations des taux de change peuvent influer sur la valeur des transactions. Une entreprise d'ici peut voir ses actifs physiques en sol étranger menacés par l'instabilité politique. Des employés-clés peuvent même être enlevés par un groupe terroriste. Les catastrophes naturelles, de plus en plus fréquentes, constituent d'autres formes de risques. Tout comme la cybercriminalité. «Pour beaucoup d'entrepreneurs, poursuit-il, la gestion des risques est subordonnée à la gestion des coûts et aux différentes réglementations. Le risque qui se réalise peut notamment entraîner l'interruption des affaires.»

Yan Cimon considère les entrepreneurs québécois et canadiens «très chanceux». «Ils doivent se préoccuper des risques, dit-il, mais ils ont des outils pour connaître les probabilités de succès que les entrepreneurs de plusieurs autres nations n'ont pas.» Selon lui, il y a plusieurs portes ouvertes, mais il faut travailler. Une vente à l'étranger n'est pas toujours simple à conclure. Il faut comprendre les risques, il faut aussi tenir compte des facteurs socioculturels et des normes réglementaires différentes. Par exemple, il est interdit d'offrir des pots-de-vin, même dans les pays où cela se pratique. «La gestion des risques géopolitiques, surtout dans un environnement international, est, somme toute, un jeu assez délicat, souligne-t-il. Certains entrepreneurs décident de ne pas faire d'affaires dans certains pays parce qu'ils ne sont pas prêts à accepter les risques, alors que d'autres calculent qu'ils peuvent accepter la probabilité des répercussions de certains risques sur leur profitabilité et leur réputation. Tout est une question d'équilibre.»

Des institutions financières spécialisées, comme Exportation et développement Canada et Investissement Québec, peuvent épauler les entrepreneurs dans leurs démarches. Des délégués commerciaux, aussi. Des guides produits par l'Organisation internationale de normalisation (ISO) permettent d'appréhender les risques, incluant ceux de nature géopolitique. De grands assureurs couvrent les risques politiques en protégeant des actifs physiques à l'étranger.

«Le Canada a aussi la chance d'exporter presque 75% de ses biens et services aux États-Unis, indique le professeur. En plus, il est à cheval sur deux vastes espaces commerciaux. Si le renouvellement de l'ALÉNA n'aboutissait pas, le Canada, en étant membre de l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste ainsi que de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne, serait dans une situation unique de décision.»

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