Société

Au pays de l'or vert

Des étudiants de foresterie ont approfondi, sur le terrain, leurs connaissances de la forêt russe

Par : Yvon Larose
Avec quelque 764 millions d’hectares, la Russie possède la plus grande superficie en forêt boréale au monde. Certaines statistiques avancent même que plus de 50 % des bois résineux de la planète se retrouveraient sur le territoire russe, une véritable mine d’or vert. On compte, dans ce très grand pays, quelque 3 500 sociétés spécialisées dans l’exploitation et la transformation du bois. Si la Finlande voisine, pour ses besoins en bois, s’approvisionne beaucoup dans les forêts de la partie européenne de la Russie, la Chine en fait autant dans la partie asiatique du pays. Comme au Canada, la plus grande partie de la forêt russe appartient à l’État. Une grande partie du territoire forestier russe est, encore à ce jour, inexploitée. Dans ce pays, des usines modernes côtoient des installations archaïques dans le secteur forestier. Le seul type de coupe qui semble être utilisé est la coupe à blanc, et ce, sur de très grandes superficies. Il existe toutefois, depuis 1997, un code forestier dont le  but est d’encadrer la gestion forestière et de guider les gestionnaires dans l’adoption de bonnes pratiques forestières. La productivité de la forêt russe ne se compare pas à celle que l’on trouve en Scandinavie où des rendements assez considérables sont obtenus grâce à une sylviculture intensive de précision. En Russie, la transformation de la matière ligneuse en produits à valeur ajoutée est peu développée. Quant à la certification forestière, qui garantit notamment une gestion forestière respectueuse de l’environnement, elle en est à ses balbutiements, entre autres à cause de la coupe illégale du bois, un phénomène assez répandu.

Ce portrait de la foresterie russe résume en quelque sorte les nombreuses observations faites en mai dernier par une mission d’études de trois semaines dans la partie européenne de la Russie. Le Département des sciences du bois et de la forêt a organisé le séjour auquel participaient sept étudiants, pour la plupart en troisième ou en quatrième année du bac en aménagement et environnement forestiers. Le professeur Damase Khasa a assumé la responsabilité de la mission. Le financement provenait de la Faculté de foresterie et de géomatique, des étudiants et de partenaires privés. Faisaient également partie du voyage le doyen de la Faculté, Denis Brière, le professeur Alexander Salenikovich et son fils qui agissaient comme interprètes et guides, et un professionnel forestier de l’Alberta. La présence du doyen s’explique par le fait qu’il devait coprésider, à Saint-Pétersbourg, le premier atelier conjoint russo-canadien sur la conservation et la gestion durable de la forêt boréale. Les étudiants ont assisté à cet atelier avant de rentrer au pays.

Selon Damase Khasa, l’État russe aurait intérêt à s’inspirer de l’expérience canadienne. «Nous pensons que l’expérience canadienne peut aider les Russes à faire une meilleure gestion des forêts, indique-t-il. Par exemple, en ce qui concerne la coupe illégale, un renforcement de la gouvernance est à faire.»

Quatre régions
La mission s’est déplacée en train. Elle a fait quatre arrêts dans autant de centres administratifs régionaux: Moscou, Voronezh, Saint-Pétersbourg et Petrozavodsk. À chaque endroit, elle a été accueillie par des représentants académiques, notamment par ceux de l’Université forestière d’État de Moscou.
Le groupe a visité des jardins botaniques et des forêts naturelles, une réserve de la Biosphère et des vergers à graines, ainsi que des plantations de bouleau de Karélie, de pin sylvestre et de peuplier hybride. Il s’est également rendu dans un collège forestier et dans une académie technique forestière. «Nous avons aussi visité quatre unités de production, ajoute Damase Khasa. Deux d’entre elles étaient modernes, comme l’usine de pâte et papier de Petrozavodsk qui fait usage de technologies avancées. Nous avons aussi vu des installations très rudimentaires où beaucoup de travaux se font à la main.» Ce dernier insiste sur la pertinence de la dimension internationale dans la formation. «Nous pensons, explique-t-il, que la dimension internationale permet aux professionnels forestiers que nous formons d’être mieux préparés pour traiter les problèmes d’échelle planétaire et pour combler les sérieuses lacunes dans les débats intergouvernementaux.»

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