Société

À l'aube d'une révolution

Selon Robert Beauregard, l’avenir s’annonce brillant pour la recherche en foresterie

Par : Yvon Larose
Robert Beauregard: «Dans son rapport de 2007, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a affirmé que l'aménagement durable des forêts et l'utilisation accrue du bois sont les mesures qui auront le plus de répercussions pour diminuer notre dépendance au pétrole et nos émissions de gaz à effet de serre».
Robert Beauregard: «Dans son rapport de 2007, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a affirmé que l'aménagement durable des forêts et l'utilisation accrue du bois sont les mesures qui auront le plus de répercussions pour diminuer notre dépendance au pétrole et nos émissions de gaz à effet de serre».
Le 11 mai 2010, à Québec, Fondaction CSN inaugurait ses nouveaux bureaux du boulevard Charest. Le bâtiment de six étages hors sol a la particularité d’avoir une structure entièrement faite de bois lamellé-collé. «Il s’agit du plus haut édifice en bois au Canada, indique Robert Beauregard, doyen de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique. Ce bâtiment va au delà des limites prescrites par le Code national du bâtiment. Sa conception a demandé un effort de recherche important en génie du bois. Repousser de telles limites implique des développements au niveau de la mécanique du bois, de la charpente en bois, des matériaux de finition et des planchers.»

Le lundi 13 septembre, à compter de 19 h à la salle 2320-2330 du pavillon Gene-H.-Kruger, le doyen Beauregard participera à une soirée débat sur l’avenir de la recherche en foresterie avec des représentants des milieux industriel et gouvernemental. Au Québec, la recherche en foresterie représente des investissements de l’ordre de 90 M$ par année et mobilise quelque 450 chercheurs. À lui seul, le Département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval emploie 32 professeurs-chercheurs. Les étudiants aux 2e et 3e cycles y sont plus de 200. «Tout le monde prédit un brillant avenir aux produits de la forêt et à l’aménagement forestier durable», souligne Robert Beauregard.

Une nouvelle économie forestière prend forme au Québec depuis quelques années, une économie basée sur les produits à plus grande valeur ajoutée. La valeur des exportations des produits à valeur ajoutée incluant les composantes de maison et les maisons usinées équivaut maintenant à celle des exportations des panneaux et bois d’œuvre réunies. D’autre part, la recherche sur la fibre de bois permet aujourd’hui de commercialiser des biocombustibles servant au chauffage résidentiel et de mettre sur le marché des produits biochimiques qui entrent dans la fabrication notamment de solvants et de plastiques renouvelables.

L’un des aspects les plus novateurs de la voie biotechnologique demeure toutefois la nanocellulose cristalline. On fabrique ce nanomatériau renouvelable et abondant à partir de fibres de bois, elles-mêmes tirées de la fabrication de la pâte de bois. En juillet, la papetière Domtar et la société FPInnovations ont annoncé la formation d’une coentreprise qui construira une usine qui pourra fabriquer une tonne métrique de nanocellulose cristalline par jour. «À l’Université, explique Robert Beauregard, le professeur Bernard Riedl mène des recherches pour savoir comment on peut ajouter de la nanocellulose cristalline aux vernis et peintures afin de modifier leurs propriétés de dureté, de durabilité et de résistance à la décoloration solaire.»

Robert Beauregard fonde beaucoup d’espoirs sur la chimie «verte». «Cette révolution, dit-il, est basée sur une utilisation alternative du bois et des résidus agricoles. On peut imaginer que plusieurs des applications actuelles du pétrole, dont la production d’énergie et la pétrochimie, pourraient être remplacées par le bois comme source d’énergie et comme source de molécules. Pour les chercheurs en foresterie, c’est une opportunité phénoménale.»

Selon le doyen, la forêt se trouve au centre de deux grands enjeux planétaires: le maintien de la biodiversité et la lutte aux changements climatiques. «Si l’humain crée un déséquilibre en émettant trop de carbone, soutient-il, on peut tenter de stimuler les mécanismes de la forêt pour qu’elle fixe encore plus de carbone atmosphérique par la photosynthèse. Un des enjeux de recherche très importants poursuivis est de voir comment on peut équilibrer le maintien de la biodiversité tout en intensifiant l’aménagement de la forêt afin de la rendre plus performante pour le stockage du carbone.»

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