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Les résultats probants – et vibrants - du programme d’accompagnement artistique Vincent et moi du Centre hospitalier Robert-Giffard

Par : Pascale Guéricolas
Jean Lapointe, Humiliation, 2007. Aquarelle et encre de Chine.
Jean Lapointe, Humiliation, 2007. Aquarelle et encre de Chine.
Pas de doute, d’année en année la qualité des œuvres des artistes du programme d’accompagnement artistique Vincent et moi, mis sur pied en 2001 au Centre hospitalier Robert-Giffard – Institut universitaire de santé mentale, ne cesse de s’améliorer. Impossible de regarder avec condescendance les 57 créations affichées cet automne par 27 créateurs, en se disant que cette activité artistique représente un simple dérivatif pour des personnes aux prises avec la maladie mentale. Qu’ils peignent des aquarelles, qu’ils expérimentent le dessin, qu’ils choisissent l’acrylique, les participants s’investissent avec passion et sérieux dans leur création. «Plusieurs des artistes suivent le programme d’accompagnement depuis plusieurs années et se sentent de plus en plus motivés car les gens leur parlent de leurs œuvres et les prennent au sérieux, observe François Bertrand, le responsable du programme. Leur création leur permet aussi de s’ancrer, elle constitue un repère solide quand le reste de leur vie fout le camp.»
   
C’est exactement ce que ressent Mélissa Lizotte  qui a commencé à dessiner il y a deux ans. Si au début la jeune femme hésitait à montrer ses portraits très expressifs, l’admiration qu’elle lisait dans le regard des autres  lorsqu’ils découvraient les visages sortant de son fusain l’a poussée à sortir de sa coquille. «Quand on reçoit  un diagnostic de santé mentale, on pense du même coup qu’on est condamné à un aller-simple pour la chaise berçante, fait-elle remarquer. Le dessin m’a montré que j’étais capable de faire autre chose, cela m’a stimulé.» En plus de croquer sur papier des visages dont les rides racontent une longue histoire de vie, Mélissa a repris le chemin des études en s’inscrivant à un certificat à l’École de service social de l’Université Laval. Une façon pour elle de reprendre son envol.
   
De son côté, Denyse Tousaint, inscrite depuis six ans au programme, puise une grande motivation dans les expositions annuelles où elle présente ses portraits très colorés. «Dans le passé, ma peinture était plus sombre, je m’habillais en gris, en noir. Maintenant je  m’éclate avec la couleur et j’expérimente», raconte l’artiste en contemplant ses personnages aux grands yeux naïfs et aux chevelures arc-en-ciel. «Avec le programme, je peux suivre des ateliers à l’École des arts visuels et essayer beaucoup de techniques différentes.  Actuellement, c’est l’acrylique qui m’attire.» À quelques pas, les grandes compositions de Benoît Genest Rouiller éclaboussent les murs avec leurs couleurs chaudes. L’artiste, qui signe sa quatrième exposition publique, reconnaît volontiers qu’il lui a fallu apprivoiser le contact avec les visiteurs. «J’ai moins peur des autres maintenant, de leur parler de moi, et je sens une ambiance plus positive», explique le jeune homme. Il laisse donc aller sa truelle, son couteau et sa spatule au gré de son imagination, pour des compositions picturales toujours spectaculaires.
    
L’exposition Vincent et moi est présentée jusqu’au 28 septembre, de 12 h à 17 h du lundi au jeudi, et de 13 h à 20 h du vendredi au dimanche, à la salle Marie-Renouard du Centre hospitalier Robert-Giffard, 2601 chemin de la Canardière à Québec.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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