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Vol au-dessus de la ville

La diversification de l’offre résidentielle peut aider à contrer l’étalement urbain 

Par : Renée Larochelle
Ceux qui choisissent de vivre en banlieue vous le diront: ils ne se verraient pas venir travailler autrement qu’en automobile et ils n’échangeraient pour rien au monde leur maison unifamiliale pour un appartement en ville. Ce choix comporte toutefois un coût social élevé et engendre des actions qui préoccupent bien des spécialistes du territoire. Pour répondre aux besoins des banlieusards, on construit en effet de nouvelles routes bordées d’immenses centres commerciaux et de gigantesques magasins d’alimentation. On bâtit des écoles, alors qu’on en ferme d’autres en ville par manque de clientèle. «L’étalement urbain est actuellement considéré comme le mal universel de la ville, dit Pierre Rondier, étudiant au doctorat en aménagement du territoire et développement régional. Ce modèle de développement actuel ne peut mener qu’à une explosion des coûts pour les services publics.»  

Revoir ses croyances
Pour nourrir son projet de thèse portant sur l’étalement urbain dans la région de Québec, Pierre Rondier a organisé un forum sur la question, le 27 octobre. Une quarantaine de personnes ont répondu à son appel, dont des chercheurs, des agents immobiliers, des citoyens et des conseillers municipaux. Plusieurs des participants ont affirmé qu’il serait important de sensibiliser davantage les citoyens aux coûts indirects associés à l’achat d’une maison dans des zones peu densifiées. Ces coûts indirects incluent notamment l’entretien d’une deuxième voire d’une troisième voiture, sans compter le temps mis à se déplacer d’un endroit à un autre sur de longues distances. En somme, ont rapporté les participants, les gens doivent revoir certaines croyances liées aux modèles d’aménagement actuels où la maison unifamiliale en banlieue est la seule offre résidentielle abordable.

«On ne peut pas reprocher aux familles de vouloir posséder leur maison et de vouloir vivre ailleurs qu’en ville, convient Pierre Rondier. Mais qui dit que le boisé qui a tant séduit lors de l’achat de la résidence ne sera pas rasé dans dix ans pour faire place à d’autres familles qui voudront s’installer dans le coin? Les gens ont aussi une mauvaise image de la vie en ville. Par exemple, ils continuent d’opposer ville et nature, alors qu’on trouve beaucoup de parcs et d’espaces verts en ville et, bien souvent, pas très loin de son lieu de résidence.» Selon les participants au forum, de rapporter Pierre Rondier, la solution réside dans la diversification de l’offre résidentielle. On pourrait ainsi édifier des immeubles résidentiels sur des stationnements ou encore au-dessus des centres commerciaux. En fait, les idées ne manquent pas pour une densification douce à l’échelle humaine. «L’étalement urbain est un problème complexe, conclut Pierre Rondier. Est-ce que ce sont les modèles d’aménagement actuels valorisant la maison unifamiliale en banlieue qui influencent nos préférences, ou si ce sont nos préférences qui influencent les modèles proposés? C’est la question.»




























       

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