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Vivre à l'intérieur des remparts

Une étude démontre que, malgré des contraintes évidentes, les résidents du Vieux-Québec aiment leur quartier

Par : Yvon Larose
Comment les résidents du Vieux-Québec perçoivent-ils leur vie de quartier en 2009? C’est la question à laquelle Israël Dumont et René-Pierre Turmel, deux étudiants de premier cycle en sociologie, ont tenté de répondre durant les sessions d’automne 2008 et d’hiver 2009 dans le cadre du cours Laboratoire de recherche en sociologie. La demande venait du Comité des citoyens du Vieux-Québec. «Une de nos hypothèses, explique Israël Dumont, était que la vie de quartier était vécue différemment selon plusieurs facteurs. Cette hypothèse s’est vérifiée. L’âge, le statut socio-économique et le secteur de résidence jouent sur la perception des résidents. Par exemple, le fait de ne pas avoir de voiture oblige à faire son épicerie dans le quartier, où la nourriture est peu diversifiée et les prix plus élevés qu’ailleurs.»

Les deux étudiants feront la présentation de leurs résultats de recherche cet après-midi, le jeudi 30 avril, au pavillon La Laurentienne lors d’une cérémonie de remise des rapports d’enquête produits cette année dans le cadre du Laboratoire. En tout, 24 étudiantes et étudiants de premier cycle en sociologie ont réalisé 13 études de qualité professionnelle, selon les normes du marché du travail, à partir de commandes fermes de différents organismes sans but lucratif, publics ou privés.

Israël Dumont et René-Pierre Turmel ont interviewé neuf résidents. «Nous pensions qu’ils allaient se plaindre des touristes et de l’insuffisance des services de proximité, soutient Israël Dumont. Ce ne fut pas le cas. Ils aiment vraiment le Vieux-Québec et ils ont l’intention d’y rester longtemps.» Cela dit, les répondants sont conscients des contraintes existantes. «Avant de s’installer dans le quartier, poursuit-il, la majorité d’entre eux savaient qu’il n’y avait pas de grande épicerie et que ces commerces sont orientés en fonction du tourisme. Les prix sont plus élevés qu’ailleurs et on retrouve plus de sandwiches tout faits que de sacs de farine sur les étagères. Mais les répondants disent qu’il y a tellement d’avantages à vivre dans ce quartier qu’ils ne voient plus les désavantages.»

L’étude révèle qu’une majorité de répondants utilise les quincailleries, librairies, bars et restaurants parce qu’ils sont proches et parce qu’ils offrent un service de qualité. En revanche, le peu d’épiceries, pharmacies, garderies et services de loisirs liés à l’activité physique ne favorisent pas la vie de quartier. Selon les répondants, le nombre élevé de services destinés aux touristes ne favorisent pas non plus la vie de quartier, ni le fait d’avoir une automobile, laquelle favorise les déplacements à l’extérieur du Vieux-Québec, notamment pour l’épicerie. La vie de quartier gravite donc autour d’une sociabilité, somme toute, assez faible, et d’un sentiment d’appartenance peu affirmé.

Le recensement fédéral 2006 indique qu’environ 5 500 personnes habitent le Vieux-Québec, dont 5 % d’enfants. «Les plus jeunes répondants ne voient que des inconvénients à élever des enfants dans ce quartier, souligne Israël Dumont. Mais quatre répondants, qui ont eu des enfants, considèrent le quartier comme un endroit adapté pour avoir une famille.»

Le Vieux-Québec comprend le secteur haute-ville à l’intérieur des fortifications, le secteur basse-ville vieux-port et autoroute, ainsi que le secteur du Cap-Blanc.

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