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Vigile cérébral

Un type de cellules immunitaires réduirait les dommages au cerveau après un accident  vasculaire cérébral

Par : Jean Hamann
Serge Rivest, professeur à la Faculté de médecine : «Des fonctions très importantes comme la vue, la parole ou le contrôle des membres pourraient être mieux préservées à la suite d'un AVC».
Serge Rivest, professeur à la Faculté de médecine : «Des fonctions très importantes comme la vue, la parole ou le contrôle des membres pourraient être mieux préservées à la suite d'un AVC».
Des chercheurs viennent de démontrer l’existence d’un type de cellules immunitaires qui intervient pour limiter les dommages au cerveau après un accident vasculaire cérébral (AVC). Les expériences qu’ils ont menées en laboratoire ont révélé que, trois jours après un AVC, la zone du cerveau atteinte est 20 % plus grande chez des souris dépourvues de cellules régulatrices T (Treg) que chez des souris normales. Les souris dépourvues de Treg montrent aussi des séquelles plus importantes sur le plan du contrôle locomoteur. «Ces résultats nous portent à croire que des fonctions très importantes comme la vue, la parole ou le contrôle des membres pourraient être mieux préservées si on parvenait à stimuler rapidement la production de Treg chez les victimes d’ AVC», commente l’un des auteurs de l’étude, Serge Rivest, professeur à la Faculté de médecine.
  
L’étude réalisée avec une équipe de chercheurs allemands a été publiée le 25 janvier dans le site de la revue Nature Medicine. «Nous croyons que la diffusion de notre découverte va soulever beaucoup d’enthousiasme parce que nous connaissons déjà des produits qui stimulent la production des Treg, poursuit le chercheur du Centre de recherche du CHUL. Il serait donc possible d’envisager un traitement dans un avenir assez rapproché. Nous croyons aussi que l’effet protecteur des Treg pourrait être mis à profit pour traiter d’autres types d’atteintes au cerveau, notamment les traumatismes crâniens.»
  
Une partie des dommages que subit le cerveau après un AVC est causée par la réaction immunitaire de l’organisme. L’entrée en scène de cellules comme les microglies et les lymphocytes provoque des effets néfastes qui s’apparentent aux infections du système nerveux. En faisant leur travail de nettoyage, ces cellules attaquent aussi des cellules saines, ce qui accroît la zone du cerveau atteinte, mettant en péril certaines fonctions sous contrôle cérébral. Les scientifiques soupçonnaient qu’un autre mécanisme intervenait pour freiner l’action néfaste des cellules immunitaires dans le cerveau, mais personne encore n’était parvenu à l’identifier.
   
Produites dans la moelle osseuse et dans les autres organes qui jouent un rôle immunitaire, les Treg migreraient vers le cerveau dans les premiers jours qui suivent un AVC. Elles limiteraient l’étendue des dommages secondaires en bloquant la production de molécules neurotoxiques et en modulant l’action des lymphocytes et des microglies dans le cerveau.

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