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Vers une culture de la sécurité routière?

Le bilan routier québécois peut être encore amélioré, notamment par des campagnes de sensibilisation mieux ciblées, des comportements plus responsables… et le photo-radar

Par : Yvon Larose
Il faut repenser les grandes campagnes de sensibilisation en sécurité routière parce qu’elles n'atteignent pas suffisamment les jeunes conducteurs. Bien souvent, ceux-ci se sont éloignés des médias de masse dans un contexte de multiplication des sources d’information.

C’est là le principal message que le professeur Guy Paquette, directeur du Département d’information et de communication et membre du Groupe de recherche en sécurité routière, a livré hier, mercredi 8 octobre, au pavillon Alphonse-Desjardins, à l’occasion d’un colloque international sur la sécurité routière. «Il est nécessaire, affirme-t-il, de prendre en compte la transformation du paysage médiatique, en particulier l’exploration des réseaux sociaux comme Facebook et des communautés virtuelles comme Second Life, pour atteindre les jeunes qui ont déserté les médias traditionnels.» Guy Paquette ajoute que les 16-24 ans écoutent de moins en moins la télévision et que plus des deux tiers des 15 ans et plus communiquent sur les réseaux sociaux.

Les campagnes de sensibilisation au port de la ceinture de sécurité et aux risques associés à l’alcool au volant ont obtenu de grands succès au Québec. Cependant, poursuit le professeur Paquette, les campagnes qui visaient la réduction de la vitesse sur les routes ont été des «faillites monumentales». «En s’érigeant contre la vitesse, explique-t-il, on s’érige contre une des valeurs de la culture de la performance.» Guy Paquette croit que le Québec peut faire mieux en matière de bilan routier par l’implantation du photo-radar. Cette technologie précise et efficace, qui sert au contrôle de la vitesse sur les routes, a fait baisser le bilan routier français de 7 500 à 4 200 victimes de 2002 à 2007.

Des progrès remarquables
Le professeur Jean-Marie De Koninck, du Département de mathématiques et de statistique, est président de la Table québécoise de la sécurité routière. Dans la conférence qu’il a prononcée lors du colloque, il a notamment insisté sur le consensus qui s’est établi, au Québec, en matière de sécurité routière. «La sécurité routière, indique-t-il, vient aujourd’hui au deuxième rang des enjeux sociaux derrière l’environnement.» Au Québec, le nombre annuel de décès dus à la route est passé de 2 209 en 1973 à 610 en 2001. «Il y a tout lieu de se réjouir, dit-il. D’autant plus que le parc automobile a doublé au cours de cette période.» Selon Jean-Marie De Koninck, ce résultat s’explique notamment par la ceinture de sécurité, une médecine plus efficace pour traiter les blessés de la route et moins d’alcool au volant.

Cela dit, le Québec a enregistré 721 victimes de la route en 2006. La Table québécoise de la sécurité routière a vu le jour dans ce contexte de détérioration du bilan routier. Depuis sa nomination, le professeur De Koninck a fait un millier d’interventions médias. «Nous allons réussir à améliorer le bilan routier lorsque chacun aura adopté un comportement plus responsable, par exemple en roulant moins vite sans téléphone cellulaire et sans alcool, soutient Jean-Marie De Koninck. Il y a des gains énormes à faire de ce côté, par exemple en économie d’essence en roulant moins vite.» Et le photo-radar? «Il faut, dit-il, faire confiance à l’intelligence des citoyens plutôt que leur imposer des mesures coercitives.»

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