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Véritable joyau de la recherche

Le brise-glace de recherche scientifique NGCC Amundsen obtient 18 M$ pour la poursuite de ses activités dans l'Arctique canadien

Par : Yvon Larose
L'<i>Amundsen</i> contient pas moins de 22 laboratoires et 75 systèmes d'équipements scientifiques.
L'<i>Amundsen</i> contient pas moins de 22 laboratoires et 75 systèmes d'équipements scientifiques.
Il régnait une animation inhabituelle, le 9 janvier au matin, au pavillon Gene-H.-Kruger, en raison d'une importante annonce de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI), soit le financement, pour les cinq prochaines années, des activités du brise-glace de recherche scientifique NGCC Amundsen. Le montant accordé s'élève à 18,1 M$. D'autres subventions ont également été annoncées, toujours dans le cadre des résultats nationaux du concours 2017-2022 du Fonds des initiatives scientifiques majeures de la FCI.

Dans son allocution, la ministre des Sciences du Canada, l'honorable Kirsty Duncan, qui était présente, a qualifié l'Amundsen ainsi que les autres projets subventionnés d'«installations remarquables de calibre mondial». «Les investissements de notre gouvernement dans ces installations démontrent la valeur que nous accordons au rôle de la science dans l'établissement d'une société saine et dynamique, a-t-elle déclaré. Par cette annonce, nous appuyons aussi nos scientifiques qui accomplissent un travail acharné afin qu'ils puissent poursuivre leurs collaborations dans ces laboratoires et installations de grande envergure pour mieux comprendre notre monde. Ces investissements soutiennent la recherche de pointe essentielle à la création d'emplois, à l'amélioration des soins de santé et à la prospérité de la classe moyenne.»

Gilles G. Patry, président-directeur général de la FCI, insiste sur la dimension internationale des projets subventionnés par la Fondation. «Les installations de recherche de calibre mondial et de grande envergure du Canada, comme l'Amundsen et le Centre canadien de rayonnement synchrotron, dit-il, réunissent non seulement certains des meilleurs chercheurs du pays, mais servent aussi de carrefours pour d'importantes collaborations scientifiques internationales. Alors que la science devient davantage complexe, les initiatives scientifiques majeures permettent aux brillants cerveaux du Canada et de l'étranger d'explorer les frontières du savoir et de trouver les réponses aux grands enjeux de notre époque.»

Le vice-président Relations extérieures et communications de la FCI, Pierre Normand, était également présent. Il a rappelé toute l'importance des retombées de la recherche auprès des collectivités.

Le NGCC Amundsen est la propriété de la Garde côtière canadienne. Le programme scientifique de cette infrastructure de recherche est géré depuis l'Université Laval. Depuis 2003, ce navire de 98 mètres de long sert, pendant l'été, à des travaux de recherche dans l'océan Arctique canadien. Il avait obtenu, au fil des ans, des investissements totaux de près de 100 M$ avant l'annonce du 9 janvier. En une douzaine d'années, pendant plus de 1 800 jours en mer, le navire a accueilli à son bord plus de 1 400 chercheurs, techniciens, étudiants, professionnels et journalistes de plus de 20 pays. À ce jour, le brise-glace a parcouru plus de 185 000 milles marins. La recherche menée à son bord porte sur l'évolution rapide de l'océan Arctique et de ses écosystèmes sous la double pression du réchauffement climatique et du développement industriel.

«L'Amundsen est une infrastructure nationale indispensable pour la recherche dans l'Arctique canadien», a affirmé Louis Fortier, le directeur scientifique du brise-glace et professeur au Département de biologie de l'Université Laval. Selon lui, le navire a généré des retombées sans précédent, notamment auprès du public. Sur le plan de la recherche, plusieurs centaines d'étudiants aux cycles supérieurs ont séjourné à son bord et plusieurs centaines d'articles scientifiques ont vu le jour. «Ce financement de la FCI, a-t-il poursuivi, nous permettra de repousser les frontières de l'étude du territoire nordique en bonifiant les programmes de recherche à bord du navire.»

Le brise-glace compte 22 laboratoires ainsi que 75 systèmes d'équipements scientifiques. «La subvention de 18 M$ ne servira pas à l'achat de nouveaux équipements scientifiques, précise Louis Fortier. Toutefois, nous sommes en train d'acquérir, à partir d'autres sources, plusieurs équipements particulièrement intéressants. L'un est un véhicule sous-marin autonome qui permettra d'étudier l'océan sous la banquise. L'autre est un nouveau carottier. Il permettra de prélever, dans les fonds marins, des sédiments qui remonteront jusqu'à 18 000 ans dans le passé.»

L'Amundsen est victime de son succès. La demande de la part de chercheurs canadiens et étrangers pour utiliser ses laboratoires et équipements est croissante. «Pour l'été 2017, indique Louis Fortier, nous avons reçu des demandes équivalant à 250 jours. Or, notre capacité de réponse aux demandes pendant la saison du minimum de glace n'est que de 130 jours. C'est pourquoi nous envisageons d'augmenter notre capacité de réponse en faisant appel à un second brise-glace.»

Selon lui, la subvention de 18 M$ aidera à la mise sur pied de deux projets de recherche particulièrement ambitieux. L'un d'eux consistera en la circumnavigation scientifique du Groenland en hiver, avec la contribution d'un puissant brise-glace russe pour ouvrir le passage dans les glaces épaisses au nord de ce qui constitue la deuxième plus grande île du monde. Dans l'autre projet, le NGCC Amundsen passerait l'hiver dans la polynie des eaux du Nord, la zone libre de glace, en mer de Baffin.

Au fil des ans, le navire est devenu l'outil scientifique stratégique par excellence pour une meilleure compréhension de l'Arctique canadien. Il constitue le fer de lance du réseau de centres d'excellence du Canada ArcticNet. Cet important réseau de recherche multidisciplinaire pancanadien sur le Grand Nord est également codirigé de l'Université Laval par Louis Fortier. Les laboratoires et les équipements scientifiques du NGCC Amundsen servent, entre autres, à l'Unité mixte internationale Takuvik du CNRS français. Le brise-glace servira également aux chercheurs associés au projet Sentinelle Nord de l'Université Laval. Ce projet de recherche transdisciplinaire sans précédent sur le Nord est financé à hauteur de 98 M$ par le Fonds d'excellence en recherche Apogée Canada.

Le recteur Denis Brière a souligné le leadership de l'Université Laval dans la recherche sur le Nord. Ce leadership s'incarne dans le Centre d'études nordiques et dans l'hébergement de l'Institut nordique du Québec, du réseau ArcticNet, du regroupement interinstitutionnel Québec-Océan, du projet Takuvik et du projet Sentinelle Nord. «Ces initiatives porteuses font de l'Université Laval un chef de file international en matière de recherche sur le Nord, a-t-il déclaré. Nos chercheurs participent d'une façon remarquable à doter le campus d'infrastructures de recherche uniques au monde pour explorer et étudier le vaste territoire nordique.»




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De gauche à droite: la ministre des Sciences, l'honorable Kirsty Duncan, les professionnels de recherche Gabriel Joyal et Catherine Lalande ainsi que le directeur scientifique d'ArcticNet, Louis Fortier, devant des instruments océanographiques.

Photo: Marc Robitaille




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De gauche à droite: Le député fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, le directeur scientifique d'ArcticNet, Louis Fortier, la ministre des Sciences, l'honorable Kirsty Duncan, le commandant du NGCC Amundsen de la Garde côtière canadienne, Alain Gariépy, le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, l'honorable Jean-Yves Duclos, le vice-président Relations extérieures et communications de la Fondation canadienne pour l'innovation, Pierre Normand, le vice-recteur à la recherche et à la création par intérim, Angelo Tremblay, et le vice-recteur exécutif et au développement, Éric Bauce.

Photo: Marc Robitaille

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