Recherche

Une passion qui s'attrape

Yves Bergeron souhaite transmettre aux jeunes son goût pour la recherche scientifique 

Par : Renée Larochelle
Yves Bergeron a grandi sur une ferme et s’estime privilégié d’avoir pu respirer le bon air de la campagne durant toute son enfance. En revanche, vivre dans ce milieu a changé son existence. À l'âge de huit ans, il est victime d’une intoxication sévère aux insecticides qui lui fera manquer une année d’école. Loin de l’indisposer, les fréquents séjours qu’il doit effectuer à l’hôpital afin de subir différents traitements visant à désintoxiquer son organisme constituent pour lui une source de plaisir. «Autour de moi, les médecins parlaient de globules blancs, de microbes, d’infections, de tout un monde mystérieux qui me fascinait, dit Yves Bergeron, aujourd’hui chef de projet au Centre de recherche en infectiologie (CRI) du CHUL et professeur associé au Département de biologie médicale de la Faculté de médecine. Cette année-là, l’hôpital est devenu mon second chez moi et c’est encore vrai aujourd’hui, explique en riant ce passionné de recherche biomédicale. Ce goût de la médecine et des sciences qui m’a toujours animé, j’ai voulu le partager avec d’autres.»    

Dès le début de ses études de doctorat en microbiologie-immunologie à l’Université Laval, en 1993, Yves Bergeron donne des conférences sur les carrières scientifiques dans les écoles secondaires. Il ne compte d’ailleurs plus les exposés qu’il a prononcés, tant leur nombre est élevé. Depuis 2004, il est très impliqué comme bénévole au programme «Les innovateurs à l’école et à la bibliothèque» mis sur pied par La Boîte à sciences, un organisme à but non lucratif dont la mission consiste à intéresser les jeunes aux sciences et aux technologies. «J’essaie de leur parler de découvertes ou d’éléments d’actualité qui peuvent les accrocher comme le bioterrorisme, le condom invisible ou encore les nanotechnologies, souligne Yves Bergeron. Je leur parle aussi de la profession de chercheur. Chaque groupe a sa propre dynamique et l’expérience est très énergisante.» Parfois, l’homme peut rencontrer jusqu’à cinq classes d’élèves d’une même école dans une seule journée. «J’aime réfléchir, analyser, comprendre et expliquer les choses, dit Yves Bergeron. En fait, j’arrive facilement à retenir l’attention des gens. Mais j’écoute aussi beaucoup. Avec les jeunes, je suis vraiment dans mon élément!»

La vie après le travail
Parallèlement aux conférences qu’il donne dans les écoles à travers le Québec et à son travail comme chef de projet au CRI, Yves Bergeron est responsable du programme «Chercheur-e d’un jour». Ce programme permet chaque semaine à des groupes de jeunes des niveaux secondaire et collégial de passer une journée au Centre de recherche en infectiologie en compagnie de chercheurs en pleine activité et d’y apprivoiser des technologies de pointe. «Nous expliquons notamment aux jeunes ce qu’est la recherche en santé, en plus de les entretenir des cheminements scolaires possibles entre l’école secondaire et notre laboratoire de recherche, affirme le scientifique. Nous espérons ainsi faire tomber certains préjugés. Souvent, les jeunes pensent qu’un chercheur est une personne qui passe sa vie dans un laboratoire et dont la vie sociale est inexistante. C’est évidemment faux et les possibilités de rencontrer des gens intéressants et de se réaliser pleinement en tant qu’être humain sont multiples. Au labo comme ailleurs, il y a aussi une vie après le travail.»
   
Les personnes désirant s’impliquer dans le projet «Les innovateurs à l’école et à la bibliothèque» peuvent communiquer avec Carolle-Anne Dufour au 658-1426, poste 123, ou à carolleannedufour@boiteascience.com

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