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Une fenêtre, un miroir

La perte des cheveux serait l'un des effets secondaires les plus pénibles des traitements contre le cancer

Par : Jean Hamann
Le vendredi 30 mai, le Syndicat des employés et employées de l'Université Laval (SEUL) participait, pour la première fois, au Défi têtes rasées proposé chaque année par Leucan. Le Défi têtes rasées est un geste de solidarité envers les enfants atteints de cancer qui subissent lors de la chimiothérapie une altération de leur image corporelle par la perte des cheveux. On aperçoit ici quelques-unes des personnes qui sont passées sous le rasoir dans l'agora du pavillon Alphonse-Desjardins. Première rangée: David Samson, conseiller en formation, Réseau de valorisation de l'enseignement, Daniel Lamontagne, commis aux fichiers informatisés, Division du traitement des fonds documentaires, Bibliothèque, Jacques Blackburn, Michel Pelletier , technicien en informatique, Département d'informatique et de génie logiciel. Deuxième rangée: Serge Gérin-Lajoie, conseiller en formation, Réseau de valorisation de l'enseignement,Luc Saint-Laurent, technicien en informatique, Réseau de valorisation de l'enseignement  Jean-Marc Nicol, commis à la documentation et aux équipements, Division des acquisitions, Bibliothèque, Réal Sanfaçon, technicien en informatique, Département de génie civil.
Le vendredi 30 mai, le Syndicat des employés et employées de l'Université Laval (SEUL) participait, pour la première fois, au Défi têtes rasées proposé chaque année par Leucan. Le Défi têtes rasées est un geste de solidarité envers les enfants atteints de cancer qui subissent lors de la chimiothérapie une altération de leur image corporelle par la perte des cheveux. On aperçoit ici quelques-unes des personnes qui sont passées sous le rasoir dans l'agora du pavillon Alphonse-Desjardins. Première rangée: David Samson, conseiller en formation, Réseau de valorisation de l'enseignement, Daniel Lamontagne, commis aux fichiers informatisés, Division du traitement des fonds documentaires, Bibliothèque, Jacques Blackburn, Michel Pelletier , technicien en informatique, Département d'informatique et de génie logiciel. Deuxième rangée: Serge Gérin-Lajoie, conseiller en formation, Réseau de valorisation de l'enseignement,Luc Saint-Laurent, technicien en informatique, Réseau de valorisation de l'enseignement Jean-Marc Nicol, commis à la documentation et aux équipements, Division des acquisitions, Bibliothèque, Réal Sanfaçon, technicien en informatique, Département de génie civil.
Parce qu'elle est le signal le plus visible de l'état de santé d'une personne traitée contre un cancer et un constant rappel de la lutte qu'elle mène, la perte des cheveux compte parmi les effets secondaires les plus pénibles de la chimiothérapie. La majorité des personnes qui doivent composer avec l'alopécie la place au même rang que les nausées, les vomissements et la fatigue dans la liste des problèmes entraînés par les traitements. Certaines femmes vont jusqu'à renoncer à la chimiothérapie par crainte de perdre leurs cheveux. Voilà quelques-unes des observations récoltées par Julie Lemieux, Elisabeth Maunsell et Louise Provencher, de l'Unité de recherche en santé des populations, au fil d'une recension des travaux de recherche portant sur l'impact de l'alopécie sur la qualité de vie des femmes après un cancer du sein. Les trois professeures de la Faculté de médecine ont passé en revue 38 articles scientifiques consacrés à ce sujet et elles en présentent une analyse dans le dernier numéro de la revue Psycho-Oncology.
 
Les traitements de chimiothérapie misent sur le fait que les cellules cancéreuses se multiplient rapidement et que, du même coup, leur exposition au médicament toxique utilisé lors des traitements est plus élevée que celle des cellules normales. L'envers de la médaille est que les autres cellules du corps qui ont un cycle de vie rapide écopent également: c'est le cas des cellules de la peau responsables de la pilosité. Leur destruction provoque la disparition totale ou partielle, temporaire dans la plupart des cas, des cheveux et des poils. L'incidence de l'alopécie dépend du médicament utilisé et du plan de traitement de chaque patient.
   
Chez la plupart des femmes, la perte des cheveux est une expérience traumatisante, source de détresse psychologique, qui affecte l'image de soi et l'image corporelle, et perturbe le retour au travail et les activités sociales, rapportent les trois chercheuses. Pour certaines femmes, l'alopécie est même jugée pire que la perte d'un sein. Il existe peu de données quantitatives touchant l'impact de l'alopécie sur la qualité de vie après un cancer, même si ce problème se retrouve systématiquement parmi les trois effets secondaires les plus pénibles des traitements et qu'il peut conduire au refus de la chimiothérapie. Certaines études rapportent que, deux mois après la chirurgie, l'alopécie est la principale source de détresse et l'effet secondaire le plus pénible chez 88 % des patientes. Son impact semble plus grand chez les femmes qui ont atteint la soixantaine que chez les moins de 45 ans, révèle une autre étude. Par contre, l’incidence de détresse psychologique causée par l’alopécie serait moins élevée chez les femmes qui ont un cancer avancé (39 %) qu’un cancer découvert à un stade précoce (77 %). Seule une minorité de femmes voit dans la perte de leurs cheveux une indication de l’efficacité de la chimiothérapie.
  
Fenêtre et miroir à la fois, l’alopécie ouvre une brèche dans l’intimité de la personne qui combat un cancer et lui rappelle constamment la gravité de sa maladie. Ce problème, qui attaque l’un des plus forts symboles de santé, de jeunesse et de féminité, semble considéré comme cosmétique et inévitable par le monde médical; les solutions offertes aux patientes se résument essentiellement à la perruque et au foulard. «Au cours des deux dernières décennies, beaucoup de recherches ont été menées sur les autres effets secondaires de la chimiothérapie et elles ont permis d’atténuer les problèmes comme les nausées et la fatigue. Pendant ce temps, l’alopécie est demeurée au sommet de la liste des effets secondaires», constatent les trois chercheuses, qui souhaitent une intensification des recherches portant sur les solutions à ce problème et l’évaluation de leur impact sur la qualité de vie des patientes.

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