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Un trésor dans le Saint-Laurent?

Des chercheurs universitaires et collégiaux s'allient pour développer l'industrie québécoise des algues

Par : Jean Hamann
Des chercheurs universitaires et collégiaux ont mis sur pied un regroupement dont l'objectif est de favoriser l'exploitation commerciale des algues marines au Québec. Le Centre d'étude pour la valorisation des algues marines (CEVAM) résulte des efforts combinés de Ladd Johnson, du Département de biologie, et d'Éric Tamigneaux, de l’École des pêches et d’aquaculture du Québec, un établissement associé au Cégep de la Gaspésie et des Îles qui a pignon sur mer à Grande-Rivière.
   
À l'échelle mondiale, l’exploitation des algues marines constitue un marché de plusieurs milliards de dollars. «Environ 95 % de ce marché est du côté des pays asiatiques, souligne Ladd Johnson. La consommation des algues est une tradition dans ces pays et ils ont développé une expertise dans la culture et la récolte des algues.» Ces végétaux se retrouvent dans un éventail étonnant de produits. On les consomme entières, bien sûr, mais on en tire aussi des fertilisants, des carburants ainsi que des molécules qui entrent dans la fabrication de denrées alimentaires — notamment la crème glacée, le lait au chocolat, le lait condensé et le fromage à la crème —, de médicaments ou de cosmétiques.
   
L’estuaire et le golfe du Saint-Laurent regorgent d'espèces qui pourraient être exploitées commercialement, mais cette activité économique est encore peu développée. Selon les responsables du CEVAM, les efforts pour exploiter les algues marines du Québec ont été timides et dispersés jusqu'à présent. On compterait à peine une demi-douzaine d'entreprises actives dans la récolte et la transformation des algues. Pour donner la chance à ce secteur de prendre son envol, le ministère de l'Éducation, des Loisirs et des Sports a investi 236 500 $ dans le démarrage du CEVAM.
  
Ce centre a pour mission de stimuler la recherche, la formation et le développement d’activités en lien avec l’exploitation des algues. Les activités du CEVAM touchent la recherche sur l'écologie des populations naturelles d'algues, l'algoculture et la transformation de la biomasse algale en produits commerciaux. Ladd Johnson veut notamment étudier la productivité des populations naturelles d'algues afin de déterminer comment exploiter cette ressource sans la surexploiter. «Certaines espèces d'algues qui pourraient faire l'objet d'une exploitation commerciale plus intensive ont un rôle structurant dans le milieu marin parce qu'elles servent à la fois d'abri et de nourriture à d'autres espèces, explique-t-il. Elles sont l'équivalent de l'épinette noire en forêt boréale.» Selon le professeur Johnson, le développement de l'industrie des algues passe par la récolte des algues échouées, par l'exploitation durable des populations naturelles et par le développement de l'algoculture. Le CEVAM entend d'ailleurs établir une ferme de culture des algues à Grande-Rivière.
  
Les questions touchant le développement de l'industrie québécoise des algues ont fait l'objet de discussion le 12 janvier à Rimouski lors d'un atelier de concertation organisé par le CEVAM. L'événement réunissait une cinquantaine de chercheurs, de représentants des ministères et de responsables d'entreprises qui récoltent, transforment et mettent en marché les algues au Québec.

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