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Un nouveau chapitre sur les plaquettes

Une découverte fondamentale sur les plaquettes sanguines ouvre de nouvelles pistes du côté de la prévention des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux

Par : Jean Hamann
Une équipe du Centre de recherche du CHUQ, dirigée par le professeur Patrick Provost, vient de démontrer la présence d'une famille de molécules qui assureraient la régulation de la synthèse protéique dans les plaquettes sanguines. Cette découverte, qui fait l'objet d'une publication dans l'édition de septembre de la revue Nature Structural and Molecular Biology, vient lever une partie du voile qui entourait la régulation de la synthèse des protéines dans ces éléments du sang. Elle ouvre aussi des pistes de recherche intéressantes du côté de la prévention des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux et des autres problèmes de santé auxquels sont associées les plaquettes.
   
Les plaquettes sont des éléments du sang qui jouent un rôle important dans le processus de coagulation. Toutefois, comme elles favorisent la formation de caillots, elles sont au cœur même des mécanismes conduisant aux maladies cardiovasculaires de nature obstructive, notamment l’infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux. Bien qu'elles soient dépourvues de noyau cellulaire et d'ADN, les plaquettes synthétisent des protéines à partir des ARN messagers hérités des cellules dont elles sont issues. C'est grâce à ces protéines que les plaquettes remplissent leurs fonctions dans l'organisme.
   
La régulation de la synthèse protéique dans les plaquettes confronte de plein fouet un dogme de la biologie cellulaire. Règle générale, c'est à partir de l'ADN — et par l'intermédiaire de l'ARN — que s'effectue principalement le contrôle de la synthèse protéique dans les cellules. Mais en absence d'ADN, comment ce contrôle peut-il s'exercer? Patrick Provost et ses collaborateurs, Patricia Landry, Isabelle Plante, Dominique L. Ouellet, Marjorie P. Perron et Guy Rousseau, croient avoir trouvé la réponse à cette énigme: ce sont des microARN qui assureraient cette fonction dans les plaquettes. Les travaux de cette équipe apportent la première démonstration convaincante que les plaquettes sanguines provenant de sujets humains renferment en abondance plusieurs types de microARN.
   
Ces courts segments d'ARN, considérés pendant longtemps comme des produits de dégradation métabolique qui traînaient dans la cellule, sont complémentaires aux ARN messagers. Lorsqu'ils se fixent à eux, les ARN messagers ne peuvent plus être traduits en protéines. Ce mécanisme de régulation de la synthèse protéique serait présent chez plusieurs classes d'organismes vivants, allant des unicellulaires jusqu'aux espèces les plus complexes. Des centaines de ces microARN ont été découverts chez les plantes et les animaux au cours des dernières années. «Nos données indiquent que les plaquettes humaines contiennent toutes les composantes nécessaires à la formation et à l’action régulatrice des microARN. Ceci nous a permis d’avancer l’hypothèse que les ARN messagers plaquettaires sont contrôlés par les microARN, ce que confirment nos résultats préliminaires», souligne Patrick Provost.
   
Le professeur Provost croit que cette découverte de nature fondamentale pourrait avoir des retombées médicales importantes. En effet, comme ces microARN modulent la synthèse des protéines, ils constituent de nouvelles cibles intéressantes pour traiter les maladies causées par une production insuffisante ou exagérée de protéines par les plaquettes.

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