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Un c'est bien, deux c'est pas mieux

La combinaison de deux médicaments ne réduit pas l’incidence de problèmes cardiaques chez les personnes à risques

Par : Jean Hamann
Une étude internationale publiée dans le numéro du 10 avril du New England Journal of Medicine révèle que la combinaison de deux médicaments prescrits à des patients souffrant de troubles cardiovasculaires ou de diabète ne réduit pas le risque d’accidents cardiaques qui pèse sur eux. Les auteurs de l’étude, dont Gilles Dagenais, professeur à la Faculté de médecine, concluent que chacun de ces médicaments est efficace indépendamment, mais que la combinaison des deux produits n’apporte aucun bienfait supplémentaire et qu’elle entraîne même davantage d’effets indésirables.
   
Les chercheurs ont comparé l’efficacité d’un médicament éprouvé, le ramipril, à celle du telmisartan, un médicament aux effets encore peu documentés chez les patients cardiaques et les diabétiques. Les deux médicaments interfèrent avec l’angiotensine II, une petite protéine qui joue un rôle dans l’élévation de la pression artérielle. À première vue, leur mode d’action complémentaire laisser présager un effet synergique intéressant: le ramipril inhibe la synthèse de l’angiotensine alors que le telmisartan bloque l’action de cette protéine en accaparant ses sites d’action.
   
Les deux médicaments ont donc été testés séparément ou en conjugaison auprès de 25 600 patients cardiaques ou diabétiques pendant près de cinq ans. L’efficacité de chaque traitement s’est révélée comparable puisque l’incidence des problèmes cardiaques a atteint 16 % dans chaque groupe. Par contre, les patients qui prenaient les deux médicaments simultanément ont eu davantage de problèmes d’hypotension, de syncope et de dysfonction rénale. «Il n’y a donc aucun avantage à prescrire les deux médicaments en combinaison», concluent les auteurs de l’étude.

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