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Triple échec

Les pee-wee de l’Alberta courent trois fois plus de risques de commotions cérébrales que ceux du Québec

Par : Jean Hamann
Les joueurs de hockey pee-wee courent moins de risques de se blesser en pratiquant leur sport au Québec qu’en Alberta. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures pour en trouver la cause: dans cette catégorie qui regroupe des joueurs de 11 et 12 ans, les mises en échec sont autorisées en Alberta, mais pas au Québec, et c’est dans cette phase du jeu que survient la majorité des blessures, rapporte une étude menée par le professeur Claude Goulet, du Département d’éducation physique, et par cinq chercheurs des Universités McGill et de Calgary.
   
Ces spécialistes en épidémiologie et en médecine du sport ont suivi, tout au long de la saison 2007-2008, plus de 1 000 joueurs dans chacune des deux provinces. Leurs analyses des blessures survenues révèlent des différences notoires entre les deux ligues. Lorsque tous les types de blessures sont considérés, le risque est environ 2,5 fois plus grand en Alberta. Cette différence grimpe à 3,5 fois pour le risque de commotions cérébrales.
   
«La perception de plusieurs dans le milieu du hockey est que les mises en échec font partie du jeu, tout comme les blessures, commente Claude Goulet. Jouer en dépit d’une blessure est d’ailleurs très valorisé dans ce sport. Par contre, cette perception tend à changer depuis qu’on a réalisé que les commotions cérébrales à répétition peuvent avoir un effet cumulatif sur le bien-être d’une personne.» Les commotions cérébrales constituent 18 % des blessures subies par les joueurs de hockey âgés de 9 à 16 ans.
   
Au Québec, les mises en échec sont interdites dans la catégorie pee-wee depuis 1985. C’est d’ailleurs une étude menée par une équipe du Département d’éducation physique qui avait fait pencher la balance en faveur de leur abolition: le risque de fractures s’était révélé 12 fois plus grand dans les ligues où les mises en échec étaient autorisées. «Les jeunes n’ont pas leur poussée de croissance en même temps, ce qui entraîne de grandes disparités de poids et de taille. Même si on apprend aux jeunes à se protéger, le choc est trop grand lorsqu’un joueur qui pèse 30 kilos de plus que toi te met en échec, et ce genre d’écart n’est pas exceptionnel à cet âge.»
   
Dans l’année qui vient, les chercheurs compareront l’incidence des blessures chez les joueurs de la catégorie bantam (13-14 ans) des deux provinces. C’est à cet âge que les joueurs québécois commencent à pratiquer la mise en échec. «Nous voulons savoir si le fait d’avoir appris la mise en échec dans le pee-wee influence le risque de blessures par la suite», précise Claude Goulet. Les chercheurs en profiteront pour comparer différents paramètres relatifs à la qualité du jeu afin de déterminer si le fait de permettre la mise en échec plus tôt affecte la progression des joueurs.

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