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Traitements non prématurés

Le recours à certains antibiotiques pour traiter les femmes enceintes réduirait les risques de prématurité

Par : Jean Hamann
L'étude des professeurs Bujold et Morency a été réalisée grâce au soutien financier de la Chaire de périnatalogie Jeanne-et-Jean-Louis-Lévesque. Établie à l'Université Laval, cette chaire est vouée à la santé de la mère et de son enfant durant la grossesse
L'étude des professeurs Bujold et Morency a été réalisée grâce au soutien financier de la Chaire de périnatalogie Jeanne-et-Jean-Louis-Lévesque. Établie à l'Université Laval, cette chaire est vouée à la santé de la mère et de son enfant durant la grossesse
La prise préventive d’antibiotiques serait-elle indiquée chez les futures mamans qui ont des risques élevés d’accoucher prématurément? C'est la question qui se pose à la lumière d'une méta-analyse effectuée par deux chercheurs qui ont passé en revue les études publiées sur la question au cours des dernières années. Emmanuel Bujold, professeur à la Faculté de médecine et chercheur au Centre de recherche du CHUL/CHUQ, et sa collègue de l'Université de Montréal, Anne-Maude Morency, présentent les fruits de leur analyse et de leurs réflexions dans les numéros de janvier et de février du Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada.

Les naissances prématurées, celles qui surviennent avant la 37e semaine de gestation, sont le lot de 7 à 11 % des grossesses. Principale cause des problèmes de santé et de mortalité chez les nouveau-nés, la prématurité serait liée, dans 20 à 30 % des cas, à des infections uro-génitales causées par des bactéries ou des protozoaires. De récentes études indiquent que ces infections peuvent s'installer relativement tôt pendant le deuxième trimestre de grossesse sans symptômes apparents chez la moitié des femmes qui en sont atteintes. Lorsque le traitement de ces infections est entrepris tardivement, les antibiotiques sont moins efficaces et il peut en résulter un accouchement prématuré.

En passant en revue les études réalisées depuis 40 ans sur l'usage des antibiotiques pendant la grossesse, les deux chercheurs ont repéré trois articles qui relataient les effets de certains de ces produits sur le taux de prématurité. Ces trois études portaient sur 1 807 femmes considérées à risques élevés d'accouchement prématuré en raison d’infections uro-génitales, parce qu’elles avaient déjà donné naissance à des prématurés, parce qu’elles pesaient moins de 50 kg avant la grossesse ou parce qu'elles affichaient un taux élevé de fibronectine, un marqueur annonciateur d'accouchement prématuré.

Dans ce groupe de femmes, la prise de macrolides ou de clindamycine pendant le deuxième trimestre de gestation a réduit de 30 % le risque d'accouchement prématuré, ont calculé les chercheurs. Par contre, un autre antibiotique, le métronidazole, augmentait ce risque de 30 %. Ce produit est pourtant l'un des deux traitements recommandés par les autorités médicales américaines contre les vaginoses bactériennes chez les femmes enceintes, soulignent les auteurs de l'étude, qui proposent une révision de cette pratique.
«À la lumière de ces données, il semble probable que les patientes qui présentent un risque élevé d'accouchement prématuré bénéficieraient d'un traitement préventif aux macrolides ou à la clindamycine pendant le deuxième trimestre de grossesse», conclut Emmanuel Bujold. Il reste toutefois à préciser à quel groupe de patientes serait destiné le traitement ainsi que le moment optimal de son application, ajoute-t-il.

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