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Tout se joue-t-il avant six ans?

Les tout-petits aussi peuvent souffrir de dépression et d’anxiété, révèle une vaste étude réalisée au Québec

Par : Renée Larochelle
Avant même de faire son entrée à la maternelle, un petit Québécois sur sept souffre d’un niveau élevé de dépression et d’anxiété. Le fait qu’il grandisse en âge n’arrange pas les choses: bien au contraire, pour plusieurs d’entre eux, les symptômes de dépression et d’anxiété vont en s’accroissant au cours des cinq premières années de la vie. Tels sont quelques-uns des résultats d’une vaste étude réalisée auprès des parents de 1 759 jeunes enfants par une équipe de chercheurs du Laboratoire international sur la santé mentale de l’enfant et de l’adolescent, dont fait partie Michel Boivin, professeur à l’École de psychologie. 

«On n’imagine pas que de très jeunes enfants puissent connaître des problèmes de dépression et d’anxiété, explique Michel Boivin. On pense, à tort, que cela touche seulement les ados et les adultes, et il est vrai que la recherche est plus documentée pour ces catégories de personnes.» Aux fins de cette enquête s’inscrivant de façon plus large dans l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec ayant débuté en 1998, les mères ont été interrogées par voie de questionnaire à trois reprises sur le comportement de leur enfant au cours des cinq premières années de son existence. À partir des réponses, les chercheurs ont déterminé certains facteurs de risques quant à la possibilité que l’enfant souffre de dépression ou d’anxiété avant son entrée à l’école. Premier élément à considérer: le tempérament difficile et capricieux du nourrisson à l’âge de 5 mois. Second indicateur: une mère ayant connu des épisodes de dépression. Pour le reste, il n’existe pas de différence entre les sexes, c’est-à-dire que le fait d’être un garçon ou une fille ne change rien quant aux risques de développer des problèmes de dépression et d’anxiété.

«Ces résultats démontrent qu’il n’existe pas de stratégies pour contrer la dépression et l’anxiété chez les enfants, souligne Michel Boivin. Ces mêmes résultats nous apprennent toutefois que les problèmes peuvent commencer très tôt, d’où l’importance de soutenir non seulement l’enfant mais également la mère. Il y a aussi toute la question du lien génétique à creuser. Cela dit, le Québec a mis de bonnes choses en place comme les centres de la petite enfance qui aident l’enfant à se développer, en plus de contribuer à sortir les mères de leur isolement.»

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