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SOS Nuit blanche

Il faut traiter l’insomnie avant que le problème s’installe à demeure

Par : Renée Larochelle
Près de 10 % des Québécois souffriraient d’insomnie chronique tandis que 30 % connaîtraient occasionnellement des problèmes d’insomnie. C’est ce qui se dégage d’une étude réalisée par Mélanie LeBlanc, chercheuse au Centre d’étude des troubles du sommeil de l’École de psychologie et dont elle livre les résultats dans sa thèse de doctorat intitulée Histoire naturelle de l’insomnie et identification de facteurs de risque. Quelque 2 000 personnes ont été interviewées dans le cadre de cette recherche supervisée par Charles M. Morin, professeur à l’École de psychologie. L’enquête a eu lieu par téléphone, en novembre 2001.

«Plus de 25 % des personnes interrogées ont affirmé qu’elles étaient insatisfaites de la qualité de leur sommeil et 13 % ont dit avoir consulté au moins une fois dans leur vie un professionnel de la santé spécifiquement pour des problèmes d’insomnie», rapporte Mélanie LeBlanc. Parmi les principales raisons motivant les personnes à rechercher un traitement figuraient la fatigue (48 %), la détresse psychologique (40 %) et l’inconfort physique (22 %). Pour arriver à trouver le sommeil, 15 % des participants à l’enquête avaient utilisé des produits naturels et 11 % avaient consommé des médicaments au moins une fois au cours de l’année précédant l’enquête. La lecture, la musique et la relaxation représentaient d’autres moyens de parvenir à dormir.

Lait chaud et camomille
Selon Mélanie LeBlanc, ces résultats confirment la prévalence élevée de l’insomnie dans la population en général. Mais si le phénomène est répandu, le pourcentage d’individus qui consultent pour cause d’insomnie demeure cependant peu élevé. «Tout se passe comme si les personnes avaient tendance à penser que l’insomnie ne constituait pas un problème de santé important, constate la chercheuse. Alors, elles hésitent à en parler à leur médecin et commencent leur propre traitement. Les gens se demandent aussi à partir de quand on souffre d’insomnie. Par exemple, mal dormir deux ou trois nuits par semaine est-il un phénomène normal ou non? Une chose est certaine, il faut consulter avant que le problème s’installe et devienne chronique.»

Certaines croyances sur l’insomnie ont la vie dure, comme l’idée qu’il est normal de moins bien dormir en vieillissant ou encore qu’il faut à tout prix dormir ses huit heures de sommeil pour être en forme et en santé. Là encore, rien ne sert de généraliser, chaque individu étant unique en son genre et ayant ses propres besoins en matière de sommeil. Par ailleurs, note Mélanie LeBlanc, on aurait tort de lever le nez sur les «remèdes de grand-mère» ayant fait leurs preuves comme la bonne vieille tasse de lait chaud, la tisane calmante à la camomille et le bain chaud relaxant. 

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