Recherche

Retour à la vie active

Le bénévolat aide les victimes de traumatisme crânien à voir la lumière au bout du tunnel

Par : Renée Larochelle
Chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien, le fait de s’adonner au bénévolat serait associé à une meilleure santé psychologique. Le taux d’anxiété, d’irritabilité, de fatigue et de détresse psychologique serait également moins élevé chez les personnes qui ont une activité productive. C’est ce qui se dégage d’une recherche dirigée par Marie-Christine Ouellet, professeure associée à l’École de psychologie et chercheuse au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS). La recherche a été menée en collaboration avec les professeurs Charles Morin de l’École de psychologie et André Lavoie de la Faculté de médecine.  

«Beaucoup d’études ont été effectuées sur les effets du bénévolat chez les personnes âgées, mais très peu concernent celles ayant subi un traumatisme crânien déclarées inaptes au travail, affirme Marie-Christine Ouellet. Les chercheurs se demandent si c’est un sentiment de trop grande fatigue qui empêche certaines personnes de fonctionner ou si c’est le sentiment de ne pas se sentir utile qui exacerbe leur fatigue. Ce qu’on sait, c’est que le fait d’avoir une activité productive avec un horaire établi et un sentiment d’appartenance à un réseau social influencent positivement l’estime de soi.»

Les forces qui restent
Aux fins de cette recherche, Marie-Christine Ouellet a examiné les cas de 208 personnes de la province de Québec victimes d’un traumatisme crânien allant de léger ou modéré à sévère, sans égard au temps écoulé depuis l’accident. Après l’accident, 78 personnes ont rapporté travailler ou étudier à temps complet ou partiel, 54 ont dit faire du bénévolat et 76 ont déclaré être inactifs. Il s’était écoulé de 6 à 7 ans depuis l’accident chez ceux qui étaient retournés au travail ou aux études, tandis que cette période était de 10 ans chez les personnes s’adonnant au bénévolat. Comme la chercheuse s’y attendait, celles qui étaient de retour au travail ou aux études présentaient un niveau d’adaptation psychologique plus élevé que les inactives. Une chose a pourtant étonné la professeure Ouellet: parmi les participants incapables de retourner à un travail compétitif, en dépit de blessures consécutives à l’accident plus sévères, ceux qui étaient engagés dans des activités bénévoles présentaient un niveau de bien-être psychologique presque similaire à ceux qui travaillaient.

«À la lumière de ces résultats, je pense qu’on devrait déployer autant d’efforts à encourager les victimes de traumatisme crânien déclarées inaptes au travail à faire du bénévolat qu’on le fait lorsque les personnes retournent au travail compétitif et rémunéré, dit Marie-Christine Ouellet. Il s’agit aussi de trouver quelle forme de bénévolat leur convient le mieux. Le bénévolat engendre moins de stress et constitue une bonne façon d’employer les forces qui restent chez la personne, en plus de lui donner l’occasion de vivre du positif, en somme, du succès.»

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

Demande d’information

Suivez nous!